J’étais à coup sûr l’un des films les plus attendus de l’année 2017. Inspiré d’un conte de Jeanne-Marie LePrince de Beaumont écrit au milieu du XVIIIe siècle (en 1757 pour être précis), je suis devenu un classique de la littérature de jeunesse. J’ai, par la suite, fait l’objet de nombreuses adaptations cinématographiques dont l’une des plus célèbres à ce jour reste le film de Jean Cocteau, sorti en 1946. Je fais le bonheur de plusieurs générations depuis 1991 avec mon adaptation réalisée par Gary Trousdale et Kirk Wise pour le compte d’un studio dont la mascotte est une petite souris aux grandes oreilles noires. Fable merveilleuse sur le poids des apparences, je mets en scène une jeune fille qui va se retrouver prisonnière dans un mystérieux château par d’inquiétants occupants. Je suis, je suis… (roulements de tambour)… La Belle et la Bête ! Et c’est gagné ! Bon, ça n’est pas tout ça mais je vais arrêter de me prendre pour Julien Lepers (ben quoi, Questions pour un Champion a aussi berçé mon enfance, au même titre que ce bon vieux Walt) et donc vous donner mes impressions sur la dernière adaptation live des classiques d’animation Disney. Après Cendrillon (réalisé par Kenneth Branagh en 2015) et Le livre de la jungle (adapté par Jon Favreau en 2016), c’est au tour de La Belle et la Bête de se retrouver à nouveau cette année sous le feu des projecteurs. Installez-vous confortablement. Fermez les yeux. Il était une fois… dans un pays enchanté…

Le projet d’adaptation de La Belle et la Bête était dans les cordes depuis quelques années déjà, boosté par le succès du film Maléfique (2014) et des deux autres qui ont suivis. S’il devait être réalisé par Guillermo Del Toro, le projet a changé de tête pensante en cours de route et c’est finalement l’Américain Bill Condon (connu pour avoir réalisé les deux ultimes volets de la saga Twilight) qui s’y colle. Le moins qu’on puisse dire, c’est que la production a mis le paquet pour offrir au public un casting aux petits oignons. Pour le couple star, ça n’est rien de moins qu’Emma Watson et Dan Stevens, tout droit sorti de Downton Abbey, qui endosseront les habits des héros de votre enfance. Et avec Ewan McGregor, Ian McKellen, Emma Thompson et Kevin Kline, les voilà plutôt bien entourés. Voilà qui promettait en tout cas une belle aventure…

La Belle et la Bête (B. Condon)

La Belle et la Bête, réalisé par B. Condon

L’action se déroule en France, aux alentours de la fin du XVIIIe siècle. L’histoire débute dans un château majestueux, où vit un prince froid, insensible et égoïste. Pour avoir refusé un abri à une fée déguisée en vieille mendiante en haillons, le prince est condamné à garder l’apparence d’une bête hideuse. Le sort ne pourra être rompu que s’il parvient à aimer une jeune femme et à s’en faire aimer en retour… Pendant ce temps, dans le village voisin, vit une demoiselle prénommée Belle. Rêveuse et romantique mais tenace, elle passe ses journées la tête plongée dans les livres pour échapper à la morosité de son quotidien. Entourée par Maurice, père affectueux, Belle a dû apprendre à vivre sans sa mère, décédée lorsqu’elle n’était qu’un bébé. Inventeur fourmillant d’idées, Maurice laisse sa fille une journée afin de partir en ville vendre ses créations, laissant Belle repousser les avances de Gaston, un bellâtre grossier et inculte qui s’est mis en tête de l’épouser. Mais Maurice va se perdre en chemin et, poursuivi par les loups, n’a d’autre choix que de se réfugier dans un château, à la fois majestueux et inquiétant. Il va y rencontrer la Bête qui, furieuse de voir pénétrer un intrus dans sa tanière, va l’enfermer dans un cachot. Alertée, Belle part à la recherche de son père et prend sa place en tant que prisonnière de la Bête. Les jours et les mois passant, nos deux protagonistes vont apprendre à s’apprivoiser progressivement et à se voir sous un autre jour…

La Belle et la Bête (Bill Condon)

La Belle et la Bête

Soyons clairs dès le départ : je ne m’attendais à rien de particulier en allant voir ce film. Après plusieurs grosses déceptions cinématographiques successives cet hiver (Lalaland en tête… je n’ai toujours pas compris le succès fou de ce film), j’apprends à mesurer mes attentes. Comme tout le monde (enfin, surtout les enfants des années 1980-1990, j’ai été berçée par ce fabuleux Disney. Je n’ai d’ailleurs toujours pas véritablement intégré que, non, je n’aurai jamais une bibliothèque de la taille de celle de la Bête et cela reste ma scène préférée toutes catégories confondues du dessin animé. Je connais beaucoup de répliques par cœur (que je répète assidûment avec mon entourage) et le côté badass un peu rebelle de Belle m’a toujours plu (le contraire fut étonnant, n’est-ce pas?). Et bien, pour mettre fin au suspense, j’ai été plutôt agréablement surprise par ce film. Le choix des acteurs y est probablement pour beaucoup car on sent chacun d’eux très impliqué dans leurs personnages respectifs. La pétillante et mutine Emma Watson correspond tout-à-fait au personnage de Belle tandis que son acolyte Dan Stevens (tout de même reconnaissable derrière son masque) brosse un portrait à la fois nuancé et touchant de la Bête. Le spectateur s’amuse des pitreries et des chamailleries de Lumière et Big Ben (Ian McKellen forever) et constate vite que le Gaston « real life » est aussi stupide et tête-à-claques que celui du dessin animé. Dans l’ensemble, le film reste très fidèle au conte et au dessin animé et les scènes ajoutées s’imbriquent bien dans l’histoire originale. Plutôt réussies, elles apportent davantage de lisibilité et de nuances que le dessin animé n’a pas pu exposer en à peine 1h30. Mention spéciale aux décors, aux costumes et à la photographie, qui participent pleinement à la création d’une ambiance à la fois magique et un peu inquiétante. Cela reste pour moi le très gros point fort du film. Quelques petites longueurs ça et là, quelques niaiseries aussi mais que voulez-vous, j’ai gardé mon âme d’enfant et ce film est plutôt une jolie réussite.

Sans avoir des attentes démesurées, La Belle et la Bête est un vrai beau divertissement à voir en famille. Ce serait tout de même dommage de bouder son plaisir. Ce film, c’est un peu comme un bon gros gâteau de mamie du dimanche. Certes, il est bien sucré mais il est impossible de ne pas se laisser tenter ! Petite précision : non, je ne dénoncerai pas la personne qui était avec moi (elle se reconnaîtra toute seule) mais si vous êtes vraiment un TRÈS, TRÈS, TRÈS gros cœur d’artichaut, n’oubliez pas les mouchoirs. Sinon, câlez-vous confortablement dans votre fauteuil et savourez !

La Belle et la Bête
La Belle et la Bête
RéalisateurBill Condon
ScénaristeEvan Spiliotopoulos, Stephen Chbosky
ProducteurDavid Hoberman, Todd Lierberman
DistributeurWalt Disney
Bande OriginaleAlan Menken
Date de Sortie22 Mars 2017
GenreFantastique
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