À quelques semaines de la cérémonie des Oscars (qui aura lieu le 22 février) et avant que le mois de janvier ne soit trop entamé, je reviens après une longue absence afin de vous dresser mon bilan cinématographique de 2014.

Chef-d’œuvre, ovni, petite pépite, ou coup de cœur très personnel, je tiens à préciser que ce « classement » n’engage que mon propre avis subjectif ; je m’excuse donc d’avance pour les films méritants qui ne s’y trouveraient pas. Je souligne finalement que je n’ai pas encore eu l’occasion de voir Boyhood, le Saint Laurent de Bonello, Lucy, Maps to the Stars, et bien d’autres -mais j’y travaille, ma liste ne fait que s’allonger de jours en jours-, ma sélection se situe donc forcément dans le panel limité des films que j’ai eu l’occasion de voir au cours de l’année.

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Mommy de Xavier Dolan

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             Oui. J’ai cédé à la folie Dolan, et je peux affirmer sans aucune hésitation que Mommy remporte le prix de mon cœur pour cette année 2014. Après avoir découvert le réalisateur québécois en juillet passé, sa filmographie entière a défilé devant mes yeux en quelques jours à peine.  25 ans le Xavier, putain (permettez-moi),  à peine plus vieux que moi. Mommy, c’est terriblement bien joué (mention spéciale à Anne Dorval et Antoine-Olivier Pilon qui m’ont éblouie du début à la fin), ça gueule en québécois (ne surtout pas voir le film sans son sous-titrage), ça s’aime en québécois, c’est filmé en 1:1 et pas juste pour faire joli, attention à la symbolique. La bande son pop est délicieuse. Le scénario n’a rien d’original, et pourtant les critiques du monde entier étaient unanimes : Mommy frôle le chef-d’œuvre.

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The Grand Budapest Hotel de Wes Anderson

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                Grande amatrice de Wes Anderson depuis quelques années, Grand Budapest Hotel me faisait très envie bien avant sa sortie. Avec un palmarès d’acteurs tout aussi jouissif qu’à l’habitude (Adrien Brody, Bill Murray, Edward Norton , Tilda Swinton, Willem Defoe, et j’en passe), le réalisateur ne déroge pas à ses bonnes habitudes ; comme on dit, « on ne change pas une équipe qui gagne ». Scénario original, humour déluré et singulier, personnages atypiques, images sublimes aux couleurs édulcorées, tout est étudié au millimètre près pour le plaisir des yeux et du moral du spectateur. J’en garde un excellent souvenir, et Grand Budapest Hotel se classe premier dans mon top 3 du réalisateur, juste avant La Vie Aquatique et Moonrise Kingdom.

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Interstellar de Christopher Nolan

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                   Après Mommy, autre grand succès unanime de 2014, mais contrairement  à ce premier, ce n’était pas vraiment une surprise. Il y a longtemps que Christopher Nolan a fini de faire ses preuves. N’étant pas une grande fan de science-fiction (je n’ai  pas apprécié Gravity, notamment), je me rendais à la séance plus par curiosité et amour du réalisateur et des acteurs principaux et sans grandes attentes. J’ai vite changé d’avis : Interstellar m’a foutu des frissons et je ne peux que le conseiller, fan ou pas fan de l’espace et de ses méandres. McConaughey est magistral comme à son habitude ; il m’a fait verser quelques larmes. La bande son est à couper le souffle. Juste un petit bémol sur le scénario de fin qui ne m’a pas satisfaite à 100%.

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20.000 Days on Earth de Iain Forsyth et Jane Pollard

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                 Il s’agit ici plutôt d’un coup de cœur personnel sur lequel je ne m’attarderai pas longtemps. 20.000 Days on Earth retrace la vingt-millième journée sur terre du chanteur Nick Cave (la plupart du temps accompagné de ses Bad Seeds). Celui-ci étant devenu ma grande idole depuis quelques temps, je ne pouvais pas rater le film au cinéma, qui mélange savamment le documentaire et un rien de fiction. Morceaux de vie, de scène, de dialogues avec des amis,… je l’ai trouvé passionnant et en suis ressortie avec une admiration encore plus grande pour le bonhomme. Bon, il est un peu barré, je ne peux pas le nier. Lorsqu’il explique sa vision de la vie et de la musique face caméra, on a parfois envie de lui dire de redescendre sur terre. Mais c’est pas grave, parce que de le voir manger de la pizza avec ses deux fils en regardant la télévision, ça n’a pas de prix (ouh la fanatique).

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Nymphomaniac de Lars Von Trier

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                   Avec une petite préférence pour le volume 1, je ne crois pas qu’il soit nécessaire que je revienne sur cette œuvre saisissante de Lars Von Trier. Je vous renvoie pour cela à ma chronique datant d’il y a presque un an.

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Dallas Buyers Club de Jean-Marc Vallée

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             Comme pour Nymphomaniac, je vous renvoie à ma chronique sur DallasBuyers Club et mentionnerai une dernière fois l’incroyable prestation de Matthew McConaughey et Jared Leto.

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Frank de Lenny Abrahamson

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                 Véritable ovni et coup de cœur tout à fait inattendu, Frank a été ma grande surprise de cette année (parce que des films comme Grand Budapest Hotel ou Nymphomaniac, je savais pertinemment bien qu’ils allaient me plaire). Le long-métrage n’est pas encore sorti en France ni en Belgique, mais déjà disponible sur iTunes, je n’en dévoilerai donc pas trop. L’humour est léger et subtil et Michael Fassbender prouve pour la première fois à mes yeux son potentiel comique. Une grosse tête en carton, des musiciens fous et un jeune claviériste rêveur (et « twitteur »). Je redoute que la distribution de Frank dans les salles de chez nous ne soit assez restreinte, mais jetez-vous  sur ce petit bijou sans hésitation. Et puis, un Michael Fassbender au micro de la bande originale, ça vaut de l’or (il sait tout faire ce type ma parole). Pour terminer et témoigner de mon amour pour ce film, j’ai appelé mon nouvel ami cochon-d’Inde Frank. Je vous mettrai une photo, si vous insistez.

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Nightcrawler de Dan Gilroy

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               Autre surprise de cette fin d’année : Nightcrawler, traduit Night Call lors de sa sortie française pour raisons de marketing, mais je préfère le titre original. Je tiens d’ailleurs à préciser que je trouve tous les parallèles avec Drive un peu trop faciles et peu judicieux. A Los Angeles, un Jake Gyllenhaal, méconnaissable après une perte de poids impressionnante, campe le rôle d’un type un peu louche, avide d’argent et de reconnaissance, et prêt à tout pour y arriver. Sa prestation est remarquable, et son visage émacié et ses yeux exorbités en rajoutent une couche à son potentiel inquiétant. Nightcrawler dénonce l’avidité débordante des grandes chaînes de télévision américaines, jamais rassasiées de sang et d’images choquantes dont dépend leur audimat. C’est un sujet peu connu/traité par chez nous, et Nightcrawler s’en charge très bien à l’aide de très belles images presque grésillantes.

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Gone Girl de David Fincher

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               Il m’était impossible de terminer ce petit bilan sans citer le dernier bébé de David Fincher. Maître incontesté du thriller lent et perturbant, le réalisateur réussit encore son coup avec des doigts de fée. L’histoire est construite de façon à manipuler le spectateur avec brio, et celui-ci ne parvient plus à distinguer le bien du mal à un certain stade de l’histoire. Tout est traité dans le détail, Ben Affleck et Rosamund Pike brillent par leur froideur et leur imperturbabilité.  On sort de la salle complètement perdu : du grand Fincher, encore.

Pour terminer, une énumération rapide d’autres films qui m’ont plu, mais que je ne détaillerai pas par manque de temps, de place, et parce qu’ils m’ont peut-être un peu moins marquée (j’en oublie très certainement) :  Respire, Yves Saint-Laurent, Only Lovers Left Alive, Magic in the Moonlight, La prochaine fois je viserai le Coeur, Noé, Her, Hippocrate, La grande aventure Légo, Labor Day, The Third Person. Et trois films moins récents que je n’avais pas eu l’occasion de découvrir à l’époque et que j’ai adorés : Rush, Laurence Anyways, Le secret de Brockeback Mountain.

Bilan cinéma 2014
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