Synopsis :

Un cascadeur tranquille et anonyme se métamorphose dès que la nuit tombe : il devient pilote de voitures pour le compte de la mafia. La combine est bien rodée jusqu’au jour où l’un des casses tourne mal et l’entraîne dans une course-poursuite infernale. Il veut se venger de ceux qui l’ont trahi…

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À regarder si : 

  • Tu es friand de dialogues (très) brefs, mais efficaces.
  • Tu es victime de l’effet de mode « Ryan Gosling » et tu tiens absolument à avoir vu toute sa filmographie. Ou, malgré son côté personnalité-sexy-du-moment-et-bellâtre-qui-fait-tomber-toutes-les-femmes-comme-des-mouches, tu as entendu parler de son interprétation époustouflante dans Drive et tu as hâte de vérifier ça (et d’être conquis).
  • Tu es curieux de découvrir la bande originale électro-envoûtante, menée par le sulfureux (désormais culte et produit par les Daft Punk -rien que ça, oui) Nightcall de Kavinsky et le A Real Hero de College & Electric Youth qui clôture superbement le film.

À éviter si : 

  • Tu t’attends à un film de voitures à la « Fast and Furious ».
  • Tu es sensible à la violence (on a déjà vu pire en matière de violence dans un film, mais certains ne supporteront jamais la vue des coups et du sang).
  • Tu n’apprécies pas les longs instants silencieux dans un film.

        Avant de voir Drive pour la toute première fois, jamais je n’avais entendu parler du « fameux Ryan Gosling ». Etant de sexe féminin, je ne peux cacher que plus d’un frisson m’ont parcouru l’échine à la vue du bad boy taciturne et machouilleur de cure-dents que campe l’acteur dans le long métrage. Mais outre cette image qui lui colle désormais à la peau, le spectateur est confronté à un jeu d’acteur impressionnant, agrémenté de regards lascifs (sans cligner des yeux s’il vous plaît!), d’une presque absence de dialogues, d’une voix et d’une présence effacées et lointaines qui ne font que renforcer le mystère et le charisme du bonhomme. On le trouve majestueux avec ses gants de cuir et sa veste « scorpion », ou l’on y reste totalement hermétique. Malgré son stoïcisme exacerbé, le héros succombe tout de même au regard transi de Carey Mulligan, mignonne à souhait dans son rôle de femme en détresse à la fois curieuse, charmée, apeurée; le duo fonctionne à merveille. Polar électrique aux ambiances eighties, Drive instaure une rupture brutale entre un calme plat (alimenté entre autres par les silences à répétition et discours laconiques cités plus tôt), une dimension contemplative très poussée, et les thèmes de la vitesse, des roues, des braquages, des casses, mais aussi de la vengeance. Chaque parcelle du film transpire d’une poésie mélancolique; n’importe quel ralenti, chaque fusillade, baiser, course-poursuite, prend des dimensions émotionnelles dignes du grand cinéma. Entre romance et brutalité, entre rose et noir, Nicolas Winding Refn cristallise l’instant à la perfection, transporte le spectateur dans un monde parallèle pendant un peu plus d’une heure et demie, et signe un conte urbain subtil caché sous des apparences de film d’action qui risque de faire parler de lui encore très longtemps, parsemé de cette bande son ensorcelante à côté de laquelle on ne peut passer sans se retourner. Les dix premières minutes laissent tout simplement le cul par terre. Attention, et j’insiste, à regarder absolument en voix originales.

> Adapté du roman Drive de James Sallis (2005)

> Prix de la mise en scène à Cannes (2011)

Drive
Drive
RéalisateurNicolas Winding Refn
ScénaristeHossein Amini
ProducteurMarc Platt
DistributeurWild Side Films/Le Pacte
Bande OriginaleCliff Martinez, Kavinsky
Date de Sortie05 Octobre 2011
GenreThriller
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Drive
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