Pour débuter mon article, j’aurais pu vous parler de mon addiction à Netflix. Mais j’ai décidé de me concentrer sur quelquechose de plus personnel (oui enfin, ça va, pas trop non plus). Ma madeleine de Proust. Vous savez, ce petit truc qui vous rappelle immédiatement et à jamais votre enfance chérie et envolée depuis longtemps. Ce cher Marcel avait décidé d’opter pour un petit gâteau. Moi, de mon côté, c’est les dessins animés. Mais pas n’importe lesquels forcément. Les Disneys. Et je dois bien vous l’avouer, Cendrillon était mon préféré. Petite fille, j’ai fantasmé sur sa robe de bal et ses pantoufles de verre, rêvé d’avoir moi aussi une marraine armée d’une super baguette magique qui serait ma bonne fée et d’avoir des animaux domestiques aussi cools que ses petites souris. Seulement, en grandissant… elle m’a posé quelques problèmes cette Cendrillon (de même que ses autres petites copines qui ont suivi). Non, je ne rêvais pas de faire le ménage en chantant de douces mélodies. Ni d’un prince charmant au sourire Colgate. Même en évoluant relativement avec son temps, l’industrie Disney a continué à nous proposer des personnages féminins relativement caricaturaux, enfermés dans un rôle bien précis. Mais ça, c’était avant. Avant 2012 et la sortie de Rebelle, long-métrage d’animation réalisé par Mark Andrews et Brenda Chapman en images de synthèse pour les studios Pixar.

Rebelle des studios Disney/Pixar

En France, le film n’a fait pas moins de 3 235 000 entrées et a rapporté, aux Etats-Unis, plus de 237 283 207 dollars au box-office. Mais son succès ne s’est pas arrêté là et Rebelle a également été récompensé par de nombreux prix prestigieux, dont l’Oscar et le Golden Globe du Meilleur Film d’animation en 2013. C’est grâce à mon abonnement Netflix, donc, que j’ai pu voir ce petit bijou de l’animation, qui a plus d’un tour dans son sac, vous allez le voir…

L’action se déroule au cœur d’une magnifique Ecosse en plein Moyen-Age. La princesse Mérida fait, avec ses trois petits monstres de frères, le bonheur de ses parents, le roi Fergus et la reine Elinor. Enfin presque. La jeune fille, désormais en âge de se marier, doit choisir un époux et se conformer ainsi à la tradition et au chemin tracé par des générations de femmes avant elle. Mais c’est, bien sûr, sans compter sur la personnalité bouillonante de l’adolescente. Intrépide, espiègle et délurée, elle n’en fait qu’à sa tête et refuse catégoriquement de faire ce que l’on attend d’elle. Au grand désespoir de sa mère, qui a passé de nombreuses années à apprendre à sa fille comment se comporter en fonction de son rang. Afin de pacifier le royaume, Mérida se voit dans l’obligation de devoir choisir entre trois prétendants de clans adverses, tous plus stupides et crétins les uns que les autres. Excédée, la jeune demoiselle s’enfuit du château et cherche refuge et solution auprès d’une vieille sorcière aux étranges pouvoirs. Mais rien ne va se passer comme prévu et Mérida va devoir trouver en elle suffisamment de courage et de confiance pour affronter les choix qui seront les siens…

Affiche du film d'animation RebelleMais quel plaisir ! Quel plaisir de voir une héroïne Disney finalement sortir des codes établis depuis des lustres par la marque et la société. Non, Mérida ne fait pas le ménage en chantant à tue-tête, ne se soumet pas à la volonté d’autrui et ne passe pas bêtement sa vie à rêver au prince charmant qui viendra la réveiller et donner enfin un sens à sa pauvre petite existence. Elle est bad-ass. Une dure à cuire si vous préférez. Et c’est bien pour cela qu’on l’aime et que l’on est d’emblée séduit(e) par ce très beau long-métrage. Mademoiselle tire à l’arc comme personne (une sorte de Robin des Bois au féminin en somme), se défoule le long de grandes ballades à cheval, en fait voir de toutes les couleurs à sa mère et n’est guère intéressée par une vie d’épouse bien rangée.

Les studios Disney/Pixar nous ont également concocté, et cela participe à la richesse et à la beauté de l’intrigue, des décors et des paysages absolument magnifiques où la nature, parfois sauvage et menaçante, parfois pleine de poésie, tient une place prédominante. Les personnages, nombreux et hauts en couleurs, sont, par ailleurs, extrêmement bien réussis car ils sont subtils et jamais caricaturaux, comme on aurait pu le craindre. Enfin, l’humour, très présent tout au long du film, ajoute cette touche de légéreté essentielle et qui plaira aux petits comme aux plus grands. Aucune baisse de régime n’est à déplorer durant toute la durée du long-métrage, ses créateurs ayant savamment dosé le bon équilibre entre humour et action, détente et émotion…

Rebelle est un sans-faute pour les studios Disney/Pixar. Tout est réuni pour passer un très bon moment : intrigue, action, humour et émotion… Les dessins soignés et plein de vie vous plongent au cœur d’une Ecosse splendide et pleine de mystères, tantôt sombre, tantôt flamboyante (aaaaah la crinière de Mérida…!). Après l’insolente blonde Raiponce, place à la rebelle Mérida et sa tignasse rousse. Voilà un personnage unique en son genre, rafraîchissant, plein d’humour, d’originalité et d’autodérision, qui donne un vrai coup de frais sur la majorité des heroïnes de dessins animés. Il n’en fallait pas plus pour que surgisse aux Etats-Unis une polémique (douteuse ? Absurde ? Stupide ? Les mots me manquent…) sur l’orientation sexuelle de la jeune fille en question. Je ne m’attarderai pas sur un débat aussi crétin et vide de sens. Ne perdez pas de temps inutilement et, si ce n’est pas déjà fait, courez voir ce petit bijou d’animation plein de peps et d’émotion !

Rebelle
Rebelle
RéalisateurMark Andrews, Brenda Chapman 
ScénaristeMark Andrews, Brenda Chapman
ProducteurKatherine Sarafian
DistributeurWalt Disney
Bande OriginalePatrick Doyle
Date de Sortie01 Août 2012
GenreAnimation
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Rebelle (B. Chapman/M. Andrews)
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