Après notamment Toy Story, Cars, Monstres et Cie ou encore Ratatouille, les studios Pixar reviennent cette année, pour notre plus grand plaisir, avec Vice-versa (sorti depuis le 17 juin dans les salles obscures), une jolie fable sur les tourments de la préadolescence.

Une semaine à peine après sa sortie aux Etats-Unis, l’immense succès du film n’a fait que se confirmer puisqu’il a atteint en 7 jours plus de 200 millions de dollars de recettes. En France, après avoir été présenté au Festival de Cannes hors compétition au mois de mai 2015, il a dépassé les 787 000 entrées en une semaine, conservant la seconde place au box-office derrière Jurassic World.

Vice-versa

Vice-versa

Vice-versa, c’est avant tout un voyage dans le cerveau humain. Une plongée dans la psyché surchauffée d’une préado de 11 ans, Riley. Riley adore ses parents, ses amis, le hockey sur glace et le Minnesota, où elle habite. Mais voilà que pour les besoins du travail de son père, toute la petite famille se voit dans l’obligation de déménager à l’autre bout du pays, à San Francisco. Dans la tête de la petite fille, tout se bouscule… C’est là que le spectateur fait connaissance avec les personnages principaux du film : les émotions. D’abord, il y a Joie, une sorte de pétillante Fée Clochette. Et Tristesse, grosses lunettes et bouille bleue toujours au bord des larmes. Les accompagnent également Dégoût, une espèce de pin-up verte à la moue boudeuse, Colère, toujours prêt à exploser à la moindre incartade, et Peur, un zébulon violet à cravate perpétuellement sur le qui-vive à imaginer les pires scénarios possibles.

Dans sa nouvelle ville, Riley peine à se faire une place, à trouver des repères et de nouveaux amis. Petit à petit, l’île de l’Amitié s’effondre, celle de la Famille se détraque… Nos cinq émotions parviendront-elles à tout remettre dans l’ordre ?

Vice-versa

Vice-versa

Voilà un bien joli film d’animation qui illustre l’obsession numéro un chez Pixar depuis quelques temps : grandir. Après Monstres et Cie (mon préféré à ce jour) sur les peurs enfantines, le studio d’animation remet le couvert et nous offre, à travers le destin de Riley et de ses émotions, une histoire qui évoque à la fois le changement, le deuil et l’espoir. Plein d’originalité, le scénario est très travaillé et l’on sent que tout a été pensé. Chaque univers (le pays de l’imagination, les rêves, les souvenirs à long terme, la mémoire centrale…) est extrêmement fouillé, réfléchi et bourré de métaphores, ce qui permet de nombreux niveaux de lecture pour le spectateur, qu’il adaptera selon son âge. En plus d’être intelligent, Vice-versa se paye aussi le luxe d’être tantôt drôle, tantôt émouvant. Voilà un beau film sur la construction de l’identité et des parties de nous qu’on laisse derrière soi à chaque étape de sa vie quand il nous faut grandir. Presque chaque scène fait évoluer les personnages de Joie et de Tristesse de concert, comme pour montrer au spectateur qu’elles ne vont jamais l’une sans l’autre. Pixar nous livre également un joli message, profond et sans mièvrerie aucune : pour grandir, il faut accepter de composer avec des sentiments mélangés et savoir parfois laisser des choses derrière soi. Là où l’on pouvait craindre une représentation des émotions caricaturale, sans nuance aucune, Vice-versa nous offre au contraire une réflexion subtile et délicate.

Le seul petit défaut du film n’en est pas vraiment un. Il s’agit de Lava, le court-métrage présenté quelques minutes avant et qui évoque une histoire d’amour chantée entre deux volcans. Très moyen, trop long et, pour le coup, la subtilité n’était pas vraiment de mise.

Vice-versa est un vrai petit bijou de créativité sur la crise de la préadolescence. Avec un scénario à la fois original, surprenant et émouvant, les studios Pixar se sont montrés au meilleur de leur forme en nous emmenant faire un voyage à la fois coloré, aventureux, poilant et mélancolique. La jolie galerie de personnages hauts en couleur (des cinq émotions à la petite Riley en passant par l’ami imaginaire, mi-éléphant, mi-dauphin, mi-chat… Irrésistible.), le graphisme parfaitement léché et les couleurs pop font de Vice-versa une véritable petite merveille qui touchera et amusera les petits autant que les grands. Encensé par beaucoup comme étant le meilleur Pixar depuis quelques années, ne le manquez pas cet été, il vous enchantera

Pour ceux qui n’auraient pas encore vu la bande-annonce, la voici:

 Vice-Versa
Forza Motorsport 6 cover
RéalisateurPete Docter, Ronado Del Carmen
ScénaristePeter Docter, Meg LeFauve, Josh Cooley
ProducteurJonas Rivera
DistributeurWalt Disney
Bande OriginaleMickael Giacchino
Date de Sortie17 Juin 2015
GenreFilm d’animation
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Vice-versa (Pete Docter)
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