La mutations ; c’est la clef de notre évolution. C’est elle qui nous a menés de l’état de simple cellule à l’espèce dominante sur notre planète. Le processus est long et remonte à la nuit des temps. Mais tous les deux ou trois cent mille ans, l’évolution fait un bond en avant.

L’année 2000 vit la sortie de X-men de Bryan Singer. Ce film, avec un budget raisonnable (pour un blockbuster de l’époque) de septante-cinq millions de dollars, réussit pour la première fois dans l’histoire du cinéma à amener des héros Marvel sur grand écran de façon crédible et intelligente. Le métrage eut tellement de succès qu’il lança la vague des films de super-héros que nous expérimentons encore aujourd’hui, et donna à Marvel l’idée de créer sa propre franchise de films avec le succès qu’on leur connaît aujourd’hui (Avengers, vous en avez entendu parler ?). Trois ans plus tard sort X-men 2 ; suite qui a su apprendre des défauts de son prédécesseur pour nous servir un film à la fois très bon et grand public, sans la moindre étincelle de kitsch. Et là, c’est le drame. Bryan Singer part réaliser Superman returns (pour un résultat moyen) et laisse la série aux mains de Brett Ratner qui nous pond un X-men : l’affrontement final nullissime, bourré de clichés, servi de dialogues pauvres et d’une mise en scène quelconque. Non content de détruire la réputation de la saga, Brett (c’est le bruit caractéristique du cœur d’un fan qui regarde cet opus) souille carrément les personnages pour être sûr d’enterrer à jamais la série ; il en tue quelques-uns, détruit l’intérêt des autres et gâche les nouveaux dans des rôles de figuration … De ce champ de ruines ne reste qu’un personnage. En 2009, X-men Origins : Wolverine explique les origines du mutant aux griffes d’acier (d’adamantium, en fait, mais la formule claque moins). Il souffre des mêmes défauts que son prédécesseur, plus l’absence de bons acteurs (à part Hugh Jackman qui est Wolverine). Une suite (Wolverine : Le combat de l’immortel) qui sans être mauvaise, est un film d’action banal et sans grand intérêt sortira en 2013.

En 2011, avant Le combat de l’immortel, sort X-men : First Class de Matthew Vaughn qui revient aux origines de nos mutants bien aimés. Cinq ans après le deuxième opus, un bon film estampillé X-men. S’il n’a pas la profondeur de ses prédécesseurs, c’est au moins un film original, très bien réalisé, qui joue avec l’Histoire de façon amusante, le tout servi par des acteurs hyper charismatiques (dont les trois stars montantes : James McAvoy, Michael Fassbender et Jennifer Lawrence). Même si seuls McAvoy et Fassbender -respectivement Charles Xavier et Magneto- ont vraiment droit à des personnages dignes de leurs envergures (les autres sont plutôt caricaturaux dans le genre : la mutation comme métaphore de l’adolescence …), la saga revient enfin à un état de grâce. Okay. Mais de l’autre côté, on avait quand même Ian McKellen et Patrick Stewart (entre autres) qui donnaient vie aux Xavier et Magneto que nous connaissons et que nous avons envie de voir. Comment réhabiliter les personnages originaux ? Avec X-men : Days Of Future Past, pardi !

Bryan Singer reprend les commandes, il mélange les casting de First Class et de la première trilogie et revient en force ! En 2023, dans un futur entre Terminator et l’occupation nazie, les mutants et leurs sympathisants humains ont été décimés par les Sentinelles : des robots géants qui peuvent détecter les mutants et prendre leurs pouvoirs. Il n’y a plus d’avenir. Le Professeur Charles Xavier (Patrick Stewart) et Magneto (Ian McKellen) envoient, grâce aux pouvoirs de Kitty Pride (Ellen Page), l’esprit de Wolverine (Hugh Jackman) dans le passé en 1973 pour retrouver leur double de l’époque (James McAvoy et Michael Fassbender) et les aider à changer le cours des événements. L’histoire se déroule donc sur deux époques : en 2023, une poignée de mutants gardent le corps de Wolverine tandis qu’en 1973 (la majorité de l’intrigue), Wolverine, Charles, Hank (la grosse bête bleue, Nicholas Hoult) et Magneto essayent de changer les choses.

On note tout de suite le retour de Singer. Si le film n’a pas l’ambiance 60’s et la réalisation pulp de First Class, la mise en scène reste très bonne ; tout y est clair et lisible – y compris les excellentes scènes de baston qui incluent des déchaînements de pouvoirs et de téléportations – et certains moments (dont scène de Vif-Argent) sont simplement géniaux. Les personnages ainsi que leurs dialogues gagnent aussi beaucoup en profondeur avec, notamment, Magneto qui retrouve toute sa force oratoire et, par exemple, Mystique (Jennifer Lawrence) et Hank qui passent d’adolescents retardés qui ont peur des changements de leur corps dans First Class à, euh … de bons personnages qui ne se résument pas en une ligne ?

Les acteurs et la façon dont ils sont dirigés sont aussi irréprochables (même Nicholas Hoult). Non seulement ils incarnent leur personnage sans aucune fausse note mais, en plus, la plupart d’entre eux ont une présence à l’écran et un charisme fou. Et c’est probablement déjà une prouesse pour un réalisateur de faire tenir autant de personnages forts dans un seul film. Peter Dinklage rend son personnage de scientifique manipulateur et haineux à la fois humain, intelligent et détestable. Notons aussi l’apparition de Vif-Argent (Evan Peters), qui est très drôle mais bénéficie de peu de temps pour nous montrer tout ce qu’il a à offrir. On attend ça pour la suite ?

Du côté du scénario, a priori, les deux premiers opus suffisent à comprendre ce qu’il se passe sans problème et l’intrigue autour du voyage dans le temps et de ses effets se suit sans peine, un exploit en soi. De plus, l’ambiance fin du monde et dernier espoir permet d’instaurer une véritable dimension tragique ; les conséquences de l’action en 1973 sont perçues directement en 2023. Cette tension est d’autant plus palpable que certains personnages sont mis à mort de façon franchement violente et très impressionnante (sans être dégoûtante ou de mauvais goût). Enfin, l’histoire est vraiment construite autour de ses personnages car, une fois le décor posé, ce sont véritablement eux, leurs conflits, leurs peurs et leurs idéologies qui mettent les événements en branle. Il n’y a pas de grand méchant manipulateur qui avait tout prévu dans son super plan et ça fait plaisir.

Une sentinelle contre Colossus. Pas trop de suspens sur l'issue de ce duel

Une sentinelle contre Colossus. Pas trop de suspens sur l’issue de ce duel

A l’issue du film, les X-men ont été sauvés. Ceci n’est pas un spoiler outrancier, je parle de la saga X-men. Si l’avenir de nos héros est incertain, on peut dire que Days Of Future Past a au moins permis d’effacer les erreurs qui ont été commises dans les films précédents pour ramener la série sur de bonnes bases. Bryan Singer a ramené la force thématique et les personnages charismatiques des premiers films. Au final, c’est précisément cela, le but de ce retour dans le passé : changer ce qui a été fait pour donner un nouvel avenir à la saga.

X-Men Days of Futur Past
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RéalisateurBryan Singer
ScénaristeSimon Kinberg
ProducteurBryan Singer
DistributeurTwenthieth Century Fox
Bande OriginaleJohn Ottman
Date de Sortie21 Mai 2014
GenreScience-Fiction
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X-men : Days Of Future Past
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