Ballet de l'Opéra de Paris

Ballet de l’Opéra de Paris

Qui dit rentrée sur Attractive Area dit aussi nouvelles rubriques. Comme nous vous l’avons annoncé il y a quelques jours, la danse fait son apparition sur le site.

Place donc à la présentation de la nouvelle saison du Ballet de l’Opéra National de Paris, une des plus prestigieuses compagnies de danse classique (mais pas que…) en France et qui étend tout aussi bien son aura à l’étranger. Fondée à l’origine par le roi Louis XIV et son ministre Jean-Baptiste Colbert en mars 1661 sous le titre d’Académie Royale de danse, elle est même créée avant l’Académie Royale de musique, qui date, elle, de 1669. Les deux institutions fusionneront quelques années plus tard, ce qui donnera naissance à l’Opéra de Paris et à son école de danse.

La compagnie compte aujourd’hui 154 danseurs et se hiérarchise selon 5 grades : quadrille (le grade le plus bas), coryphée, sujet, premier (première) danseur (danseuse) et enfin Etoile. Les trois premiers grades sont surtout employés dans ce qu’on appelle le Corps de Ballet. Ces danseurs sont donc surtout chargés des danses d’ensemble. Les premiers danseurs accèdent à des rôles de solistes tandis qu’Etoile est le titre ultime et le plus prestigieux de la compagnie, ce qui permet aux danseurs qui le détiennent de danser les plus grands ballets du répertoire et d’être reconnus autant en France qu’à l’étranger. Depuis novembre 2014, la Direction de la Danse est assurée par Benjamin Millepied, ancien danseur au New-York City Ballet et chorégraphe. La nouvelle saison 2015-2016 (la première donc de B. Millepied depuis sa nomination), concoctée de concert avec le directeur de l’Opéra, Stéphane Lissner, est avant tout marquée par la nouveauté, puisque l’on dénombre pas moins de neuf entrées au répertoire et créations, et l’influence de nombreux chorégraphes anglo-saxons. Pas moins de 19 programmes seront présentés au public cette année à l’Opéra Bastille et au Palais Garnier (toutes deux résidences du Ballet). Difficile donc d’y voir clair lorsque l’on est néophyte… Et même les balletomanes les plus acharnés ont parfois du mal à faire leur choix… Suivez le guide !

Un ballet classique ou rien !

Le Ballet de l’Opéra est avant tout une compagnie classique et elle est reconnue dans le monde entier pour l’excellence de sa technique, sa virtuosité et sa précision. Si vous ne comprenez rien à la danse contemporaine, n’aimez pas les musiques actuelles et ne jurez que par les belles histoires romanesques, alors La Bayadère, Roméo et Juliette ou encore Giselle sont faits pour vous !

La Bayadère

La Bayadère

Le premier se jouera à l’Opéra Bastille du 17 novembre au 31 décembre 2015 et constitue le divertissement rêvé des fêtes de fin d’année. Remonté dans son intégralité en 1992 par le célèbre chorégraphe Rudolf Noureev peu avant sa mort, il est un véritable conte oriental où se côtoient bayadères (des danseuses hindoues sacrées), des maharadjahs et des créatures surnaturelles. Au programme : amour, jalousie, mort, trahison, rédemption… Le troisième acte, appelé « Acte des Ombres » est absolument sublime et d’une technique redoutable. Le ballet offre également de jolis seconds rôles, ce qui nous permettra de voir la nouvelle génération montante de danseurs à l’oeuvre.

Roméo et Juliette, toujours chorégraphié par R. Noureev, s’inspire bien sûr de la célèbre pièce de William Shakespeare qui met en scène le destin fatal des amants de Vérone. Il sera donné à l’Opéra Bastille du 19 mars au 16 avril 2015. La mise en scène flamboyante et intelligente vous restera longtemps en mémoire et il s’agit là d’un très grand classique, probablement, à mon sens, l’une des meilleures œuvres de Noureev.

Enfin, le ballet Giselle (créé par Jean Coralli et Jules Perrot au XIXe siècle en pleine période romantique) fait son grand retour à l’Opéra après six ans d’absence. Autant dire qu’il est attendu par le public de pied ferme ! Son histoire, celle d’une jeune femme trahie par l’homme qu’elle aime et qui parvient à le sauver au-delà de la mort, a une portée universelle et permet de très, très beaux moments de danse et d’interprétation, notamment dans la deuxième partie du ballet, appelée « acte blanc ». Si vous pouvez n’en choisir qu’un, celui-ci est à ne pas manquer !

La danse dans tous ses états

Au diable tutus et autres attributs classiques, vous ne jurez que par la danse contemporaine et les artistes actuels ? Alors, les soirées consacrées à William Forsythe, Anne Teresa de Keersmaeker et Boris Charmatz sont faites pour vous !

In the middle (W. Forsythe)

In the middle (W. Forsythe)

William Forsythe, chorégraphe américain, est depuis cette année (alors qu’il devait prendre sa retraite) désormais officiellement chorégraphe associé au Ballet de l’Opéra de Paris, après de très nombreuses années de collaboration. Certes, W. Forsythe s’inscrit dans un nouveau courant chorégraphique mais il ne s’éloigne pas tout à fait de la danse classique puisqu’il en reprend toutes les bases techniques (les danseuses, par exemple, sont toujours chaussées avec les pointes et non pas pieds nus ou sur demi-pointes comme cela est généralement le cas dans la danse contemporaine) tout en les transformant et en poussant le corps dans ses extrêmes. Il appartient à un courant que l’on peut nommer le néo-classique. Il présente dans cette soirée (du 4 au 16 juillet 2016) trois de ses œuvres : Approximate Sonata, une création mondiale encore inconnue et Of any if, une entrée au répertoire.

Anne Teresa de Keersmaeker est, quant à elle, une chorégraphe d’origine belge flamande et une figure tout à fait majeure de la danse contemporaine. Elle présente, du 22 octobre au 8 novembre 2015 trois œuvres, qui entrent au répertoire du Ballet de l’Opéra : Quatuor in 4, Fuge et Verklarte Nacht sur des musiques de Bela Bartock, Ludwig von Beethoven et Arnold Schonberg.

Enfin, le jeune chorégraphe français Boris Charmatz sera à l’honneur du 22 septembre au 11 octobre 2015 avec sa pièce 20 danseurs pour le XXe siècle, qui sera présentée non pas sur scène mais dans les espaces publics du Palais Garnier. 1 000 spectateurs par soir pourront y assister pour un tarif unique de 15 euros. Une initiative encore relativement inédite dans un tel lieu, pourquoi ne pas tenter l’expérience ?

Vous aimez le mélange des genres ?

Thèmes et variations

Thèmes et variations

Plutôt qu’un seul ballet, vous préféreriez voir plusieurs pièces de chorégraphes différents dans une même soirée (un mixed bill, comme il est dit dans le jargon) ? Plusieurs programmes de ce genre ont été concoctés par le Directeur de la Danse. C’est le cas, par exemple, de la soirée qui ouvre cette nouvelle saison avec une soirée autour Jérôme Robbins, George Balanchine et Benjamin Millepied lui-même, qui est également chorégraphe. Voici donc ici, une programmation très américaine qui réunit les deux grands maîtres de Benjamin Millepied et qui sera donnée du 25 septembre au 11 octobre au Palais Garnier. Thèmes et Variations, de G. Balanchine, est basée sur une technique classique virtuose dont seul ce chorégraphe a le secret. Cette soirée permettra également au public français de découvrir une œuvre assez méconnue de Jérôme Robbins, Opus 19/The dreamer. Enfin, Benjamin Millepied a concocté une création pour les jeunes danseurs du Corps de Ballet, l’occasion de repérer, peut-être, les Etoiles de demain…

De nombreuses autres soirées mixtes ont également été mises au point, faisant la part belle à la danse contemporaine et à de grands noms comme Wayne McGregor, Justin Peck et Liam Scarlett, venus tout droit de l’autre côté de la Manche.

Entre musique et danse, difficile de choisir…

Et c’est pour cela que vous sont proposées cette année deux soirées où sont véritablement réunies musique et danse. Tout d’abord, du 7 mars au 1er avril 2015, une soirée consacrée au compositeur russe du XIXe siècle, Piotr Ilitch Tchaïkovski, auteur de nombreuses partitions de ballets, dont le très célèbre Lac des Cygnes. Cette fois-ci, la soirée s’articule autour de son opéra Iolanta et du ballet Casse-Noisette, dont il a également signé la partition. La chorégraphie sera ici partagée par cinq grandes figures de la danse : Sidi Larbi Cherkaoui, Edouard Lock, Arthur Pita, Liam Scarlett et Benjamin Millepied.

Une autre soirée est également consacrée au compositeur et chef d’orchestre Pierre Boulez, qui fête ses 90 ans cette année. Il s’agit là surtout de mettre en avant, non pas les œuvres du compositeur, mais les partitions qu’il a brillamment dirigées au fil des années. Au programme donc, trois ballets : Polyphonia de Christopher Wheeldon, une création de Wayne McGregor (dont le style extrême est bien connu des danseurs de l’Opéra) et Le Sacre du Printemps de Pina Bausch, chorégraphe allemande décédée en 2009. Bouleversante, puissante et magnifique, cette œuvre est pour moi un véritable monument de la danse…

English National Ballet

English National Ballet

En parallèle aux œuvres interprétées par le Corps de Ballet et les solistes de l’Opéra de Paris, trois autres compagnies étrangères sont invitées, dont l’English National Ballet, la deuxième plus célèbre compagnie anglaise.

Cette nouvelle saison s’annonce encore riche de surprises et de nouveautés et je ne manquerai pas de vous faire un compte-rendu des spectacles auxquels j’aurais la chance d’assister : la soirée Balanchine/Robbins/Millepied, La Bayadère, Roméo et Juliette et Giselle.

Saison 2015-2016 du Ballet de l’Opéra de Paris
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