Comme le monde entier, vous avez sûrement découvert avec stupeur que le 45 ème président des Etats-Unis sera Donald Trump. Sur Attractive Area, nous n’avions jamais parlé politique jusqu’à présent. Nous avons nos idées certes, mais nous ne sommes jamais rentrés dans ce type de débats, n’ayant pas la légitimité pour le faire. Nous n’évoquerons donc pas ses idées sexistes, racistes et xénophobes, ni même son avis sur l’impact de l’interdiction du port d’armes en France. Penchons-nous sur les différentes mesures et annonces prévues dans le programme du futur leader du monde libre concernant les nouvelles technologies.

Boycott d’Apple et obligation d’avoir toutes ses usines aux Etat-Unis

Donald Trump et Apple, c’est loin d’être une histoire d’amour. Tout d’abord, le futur président américain veut forcer Apple à rapatrier toutes ses usines sur le sol de l’oncle Sam et faire ainsi du 100 % made in USA.

Deuxièmement, lors de la tuerie d’Orlando, l’un des terroristes à la solde de l’Etat Islamique (EI) avait utilisé un iPhone. Apple refusant de fournir les clés pour déverrouiller l’appareil, Donald Trump a appelé à un boycott complet de la marque jusqu’à sa collaboration avec le FBI. Il est bon de préciser que plus tard, le FBI a réussi à débloquer l’appareil grâce à un groupe de hackers collaborant avec les services de l’Etat. Ce « petit » service ne fut pas rendu par bonté d’âme et aurait couté la bagatelle somme de plusieurs millions de dollars. Qu’arrivera t-il sous la présidence de Trump si ce genre de cas se reproduit ?

Accusation contre Jeff Bezos CEO d’Amazon

La deuxième cible principale concernant les entreprises de la Silicon Valley, c’est Jeff Bezos, le PDG d’Amazon. Donald Trump stipule que le PDG d’Amazon veut une influence politique et échapper aux taxes car il est le propriétaire du journal Washington Post, ce journal étant clairement orienté pour la candidature démocrate d’Hillary Clinton. Il stipule qu’une fois élu, le groupe Amazon devra être attaqué en justice pour abus de position dominante ainsi que pour sa fiscalité douteuse selon lui. De plus, le président républicain souhaite taxer avantage le géant du e-commerce.

Fermer certaines parties d’internet

Afin de lutter contre la radicalisation sur internet, Donald Trump souhaite tout simplement fermer certaines parties d’Internet et même dans certaines zones. Il a même précisé qu’il faut aller voir directement Bill Gates et les autres leaders du net pour procéder à cette fermeture. Quid de la liberté d’expression ? Pour le futur président des Etats-Unis, ce sont simplement des idiots.


Equipe d’intervention à différents niveaux pour la cyberdéfense

Concernant  la cyber-sécurité, il y a de quoi faire entre l’affaire des fameux e-mails de Hillary Clinton et son serveur privé et l’appel de Trump aux hackers russes afin de pirater sa messagerie privée. Appel sur lequel il avait d’ailleurs fait machine arrière suite au tollé médiatique. Bref, la vision de Donald Trump sur le sujet est très trouble, tout comme globalement toutes ses idées sur les nouvelles technologies. Il souhaite néanmoins la création d’unités locales, fédérales et étatiques pour mieux coordonner la réponse des États-Unis aux cyberattaques. Il appelle également à contre-attaquer fermement toute attaque et à les rendre publiques.

Donald Trump précise qu’il ne toléra plus que la NSA continue d’espionner le peuple américain, et que cela ne se produira pas sous son mandat. On demande à voir, connaissant les pratiques du service de renseignement américain.

Mettre fin à la neutralité du Net

Le principe du neutralité du web consiste à interdir toute discrimination à l’accès à Internet. Si ce principe n’était pas respecté, certains opérateurs pourraient par exemple restreindre l’accès à certaines contenus. Il vous faudrait payer plus cher votre abonnement pour pouvoir accéder à l’ensemble du Web. Ce principe a été reconnu officiellement par l’Europe à la fin de l’année 2015. Soutenu par l’administration Obama, le FCC, le régulateur des communications américaines a reconnu Internet comme bien public en 2015 et peut donc faire appliquer la neutralité du Net. Donald Trump juge qu’il s’agit d’une attaque de l’administration Obama contre Internet et les médias conservateurs.

A noter également que l’ICANN, l’autorité suprême de régulation de l’Internet chargée des IP et de l’attribution des noms de domaine de premier niveau (.com .org), était sous tutelle américaine depuis sa création en 1998. C’est désormais terminé: elle est indépendante depuis le 01 octobre 2016. Cela garantit ainsi une meilleur indépendance et un Internet davantage ouvert. Vous pouvez retrouver ici une interview du président de l’AFNIC, en charge de la gestion des noms de domaine .fr. Donald Trump est, par contre, fermement opposé à cette perte de contrôle de l’ICANN. Selon lui, l’abandon de la tutelle de cette autorité mettrait en danger le Web. Certains pays totalitaires pourraient mettre fin à un Internet libre et ouvert, tout comme la liberté d’expression. Comme nous l’avons vu précédemment, l’intérêt du 45 ème président des Etats-Unis pour la liberté d’expression et sa considération pour disposer d’un internet libre et ouvert semble au mieux contradictoire, au pire il est la démonstration même qu’il nous prend pour des imbéciles. Chose intéressante, le communiqué de presse stipulant son désaccord a été tout bonnement supprimé de son site Web. Heureusement, nous l’avons retrouvé grâce aux archives du web consultable ici.

Lutte contre le harcèlement

Aux Etats-Unis, la First Lady a plus d’importance qu’en France. C’est ainsi que la semaine dernière, Melania Trump a indiqué qu’elle comptait s’attaquer au cyberharcèlement.


Cause louable, le gouvernement français a également communiqué avec insistance sur ce sujet ces dernières semaines. Cependant, Donald Trump est un aficionados des réseaux sociaux et des insultes en tous genres. Vous pouvez retrouver ci-dessous une double page du New York Time, ou le célèbre journal américain liste toutes les personnes insultées par le président américain. Mélania, tu as du pain sur la planche.

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Le florilège de toutes les personnes insultées par Donald Trump

Lutte contre l’immigration

La lutte contre l’immigration est l’une des mesures phares de Donald Trump. Il veut en effet réduire le nombre d’arrivées aux USA de l’immigration légale en durcissant les conditions, en plus d’expulser les 11 millions d’immigrés illégaux qui peupleraient les Etats-Unis mais surtout favoriser les Américains comme l’indique son slogan de campagne : America First. Cette mesure a directement déclenché l’hostilité de la majorité des entreprises de la Silicon Valley. Steve Jobs et Mark Zuckerberg, pour ne citer qu’eux, sont issus de l’immigration. Durcir ses conditions rendrait beaucoup plus difficile l’intégrations des talents étrangers. Talents qui sont particulièrement appréciés du côté des grandes entreprises californiennes. Une lettre ouverte signée par 145 dirigeants de la Silicon Valley a été publiée, dénonçant le programme de Donal Trump, jugé néfaste pour l’innovation. Dans les signataires, nous retrouvons les co-fondateurs d’Apple, de Reddit et de Twitter, ou encore les fondateurs de eBay et Wikipedia.

Le rachat de la Time Warner par AT&T en suspens

Annoncé en grande pome il y a quelque semaines, AT&T, le groupe de télécommunication, compte racheter le groupe Time Warner. Time Warner, c’est un monstre qui comprend HBO (Game of Thrones, Westword) CNN et Warner Bros (DC Comics, Harry Potter, Le Seigneur des Anneaux, Bilbo Le Hobbit) pour 85 milliards de dollars. Le rachat doit être approuvé par la FCC et le département de la justice américaine. Donald Trump a précisé qu’il ferait tout pour réduire le pouvoir des médias et s’opposerait à ce rachat, rassemblant trop de pouvoir en un seul groupe selon lui. Certes, il est nécessaire de préciser qu’un ensemble de franchîses pour un même groupe n’est jamais bon. Mais de gros groupes concentrant les pouvoirs sont légion (Google et Disney pour ne citer qu’eux). Comme précisé, ce n’est pas au Président des Etats-Unis de prendre cette décision mais au département de la Justice. AT&T a d’ailleurs communiqué hier, précisant qu’elle restait optimiste et prête à discuter. Il faut également savoir que Donald Trump a constamment conspuer CNN, reprochant à la chaîne d’information d’être partiale et pro-Clinton.

Les réactions de Tim Cooks, Mark Zuckerberg et Satya Nadella

Suite à l’annonce des résultats, les PDG des Facebook, Apple  et Microsoft ont écrit un communiqué pour le moins sobre et grave.

En somme, ils attendent de voir si Donald Trump compte réellement tenir ses engagements, alors que la colère gronde en Californie. Certaines rumeurs d’indépendance de l’état fusent depuis l’annonce des résultats de l’élection américaine. Possible en théorie, mais peu réalisable. Depuis la fin de la guerre de Sécession, depuis 1865, aucun état n’a fait de demande d’indépendance. Théoriquement, depuis un arrêt de la Cour Suprême en 1878, un état peut demander son indépendance en cas de révolution ou avec le consentement de l’ensemble des autres états. La Californie étant l’état le plus riche et le plus peuplé des Etats-Unis, elle représente 14 % du PIB national avec 2 460 milliards et produit davantage de richesses que la France. Autant vous dire que les chances que le CALEXIT soit effectif prochainement sont extrêmement minces.