Stephen King, le maître incontestable du roman d’horreur, est un éternel infatigable. À 66 ans, l’auteur continue de publier à un rythme très soutenu et, alors qu’en Amérique vient à peine de paraître son petit dernier, Mr. Mercedes,  je me suis attaquée à la dernière de ses œuvres parue en France chez Albin Michel ce 30 avril, Joyland.

« Les clowns vous ont toujours fait un peu peur ? L’atmosphère des fêtes foraines vous angoisse ? Alors, un petit conseil : ne vous aventurez pas sur une grande roue un soir d’orage…  Mêlant suspense, terreur, nostalgie, émotion, un superbe King dans la lignée de Stand bye me. » ; c’est ce que clame la quatrième de couverture de l’édition que je tiens entre les mains. L’accroche a eu le mérite de fonctionner sur moi, ayant toujours été passablement effrayée par les clowns (et traumatisée en particulier par le monstre du roman Ca du même King, puis du film éponyme) et par l’univers des fêtes foraines et autres kermesses en général –c’est ça les amateurs d’horreur, prenez ce qui les épouvante le plus, et ils n’en seront que plus attirés. Je me suis donc lancée dans Joyland avec une grande curiosité, ainsi qu’une certaine excitation.

La trame narrative se concentre autour du personnage de Devin Jones, un universitaire de vingt-et-un ans venu passer son été dans le vieux parc d’attraction Joyland en Caroline du Nord, afin d’y exercer un job d’étudiant et de gagner un peu d’argent.  Il y rencontre deux autres jeunes étudiants travailleurs desquels il deviendra proche, Erin et Tom, et découvre que le vétuste parc a été le spectateur quatre ans auparavant d’un fait divers sanglant : une jeune femme a été égorgée dans un wagonnet de « La maison de l’horreur » et jetée par-dessus bord ; certains racontent même que son fantôme hanterait toujours les lieux. D’autres rencontres et événements viennent perturber le quotidien du jeune homme au cours du roman, si bien que sa vie restera marquée à jamais par ce passage à Joyland.

9782226258069g

Alors que beaucoup d’attentes étaient nées en moi lorsque j’avais parcouru la brève accroche recopiée un peu plus haut, je suis ressortie de ma lecture relativement déçue.  Le livre s’est lu agréablement et très rapidement  (324 pages en grand caractère, ce n’est pas la mer à boire), et la nostalgie et l’émotion promises étaient bel et bien présentes, paramètres qui en font à mes yeux un livre plaisant et sympathique. Néanmoins, j’ai eu du mal à y retrouver l’incontournable touche personnelle, les descriptions minutieuses et angoissantes qui font des livres de Stephen King des œuvres uniques et marquantes –je doute de me rappeler encore de Joyland dans quelques années, contrairement à Misery, Shining, Carrie et nombreux autres. Et je n’y ai pas trouvé la moindre trace d’horreur ou d’angoisse, il s’agissait plutôt à mon humble avis d’une enquête parallèle, une collecte d’indices face à une affaire non résolue, mêlée à une ambiance foraine et à un parler typique ainsi qu’à une belle histoire d’amitié très touchante. Sympathique, donc, pour passer le temps à me prélasser sur la terrasse (hé oui, les examens sont finis !) mais pas de quoi fouetter des chats. Je conseillerais aux amateurs du King d’attendre sa sortie en poche, parce que 21,90€ (il s’agit du prix indiqué sur l’édition Albin Michel, mais il peut évidemment varier selon les commerces) pour un goût de trop peu, c’est beaucoup à mes yeux. La faute à une quatrième de couverture trop prometteuse ? N’hésitez pas à me donner votre propre avis !

Joyland
Joyland
AuteurStephen King
EditeurAlbin Michel
FormatGrand format
Date de sortie30 Avril 2014
GenreRoman
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Joyland de Stephen King
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