Anna McPartlinAu risque d’énoncer une évidence (et de tomber à pieds joints dans le mélo, je vous l’accorde sans complexe), il est des livres qui vous marque, n’ayons pas peur des mots, à vie. Les derniers jours de Rabbit Hayes est un de ceux-là. Je continue donc sur ma lancée vertueuse de lectures-plus-hypra-méga-géniales-les-unes-que-les-autres.

Après le percutant roman de Ned Vizzini, la très belle découverte signée Anna Hope, laissez-moi vous présenter le premier roman paru en France (joie, d’autres sont disponibles, en anglais uniquement, pour les plus bilingues d’entre vous) de l’Irlandaise Anna McPartlin. Je ne saurais pas vraiment dire ce qui m’a attirée dans ce livre : est-ce l’histoire, sa (très) jolie couverture (oui, parfois, je fais comme tout le monde et il m’arrive de choisir mes livres en fonction de leur couverture) ou les chaudes recommandations d’une autre libraire masquée de ma clique ? Toujours est-il que je l’ai dévoré (presque) d’une traite et qu’il est devenu, sans aucune hésitation, l’un de mes livres préférés. On en parle ensemble ?

Publié aux éditions du Cherche Midi, Les derniers jours de Rabbit Hayes est donc le premier roman d’Anna McPartlin à être traduit en français. Née en 1972 à Dublin, elle a été élevée adolescente, par son oncle et sa tante à Kenmare, dans le comté du Kerry. C’est après une carrière dans le stand-up qu’elle s’est tournée vers l’écriture. Son premier livre, Pack up the moon, est paru en 2006, suivi plus tard notamment de The space between us et Somewhere inside of happy, dont la sortie en poche en V.O est prévue pour le courant du mois d’avril 2016.

« Le diagnostic est tombé aujourd’hui : cancer du sein. Je devrais être terrifée mais, au contraire, je me sens étrangement exaltée. Bien sûr, ça ne me fait pas plaisir d’avoir un cancer, ni de savoir qu’on va m’ôter un sein, mais cela me rappelle la chance que j’ai. J’aime ma vie. J’aime ma famille, mes amis, mon travail et, plus que tout au monde, j’aime ma petite fille. La vie n’est facile pour personne mais je fais partie des privilégiés. Je vaincrai. »

Les derniers jours de Rabbit HayesL’héroïne du roman, Mia Hayes, surnommée affectueusement Rabbit, est une maman célibataire d’une quarantaine d’années. En plus de sa fille Juliet, 12 ans, et de sa meilleure amie Marjorie, elle est dotée d’une famille à la fois complètement loufoque, déjantée et unique : sa mère Molly, attachante et gaffeuse (bref, géniale), son père Jack, discret mais aimant, sa sœur survoltée Grace et Davey, son grand frère musicien aux Etats-Unis. Leur vie ressemblerait à celle d’une famille ordinaire, si ce n’est une chose : Rabbit, après l’avoir battu une première fois, a vu son cancer du sein s’etendre dans tout son corps et, comme le titre l’indique, il ne lui reste plus que quelques jours à vivre. Transportée dans une maison de soins palliatifs, la voilà face à sa dernière bataille. Les questions en suspens, pour elle et ses proches, sont nombreuses : que va t-il advenir de sa fille Juliet ? Qui s’en occupera quand elle sera partie ? Pour la famille de la jeune femme, comment (oser) concevoir une vie sans leur fille, leur mère, leur sœur, leur amie ? Nous allons ainsi embarquer avec eux dans un voyage bien particulier où chacun, entre rires et larmes, va devoir affronter le deuil de l’être cher mais aussi laisser une place à la vie… qui continue malgré tout.

Je vous vois venir d’ici : Les derniers jours de Rabbit Hayes n’est en rien une histoire sombre, déprimante et angoissante. En réalité, en pensant cela, vous ne pouvez pas être plus éloigné de la vérité. Certes, ce roman est une histoire de deuil, de renoncement aussi et vous aurez sûrement du mal à retenir les émotions qui vous assailleront à la lecture. Mais, je vous le promets, vous allez aussi trouver ce livre plein d’amour, d’optimisme et de joie. Vous allez rire à gorge déployée aux gaffes de Molly, la maman irlandaise par excellence, et adorer l’évocation, à l’aide de nombreux flash-backs tout au long de l’histoire, de l’enfance et de l’adolescence de Rabbit, Davey et Grace. Ce livre, c’est un peu comme un tour de Grand Huit. Vous allez passer par un kaleïdoscope d’émotions tellement large que vous en ressortirez lessivé (la preuve, il m’a fallu presque une semaine entre le moment où j’ai fini le livre et aujourd’hui, où je vous écris cette chronique). Lessivé mais heureux. Parce que ça n’est pas qu’une histoire de maladie et de mort. Loin de là. Anna McPartlin réussit d manière désarmante à trouver l’équilibre parfait entre le rire et les larmes à travers des personnages à la fois nuancés, complexes et immédiatement attachants. L’amour et les liens qui unissent si fort cette famille irradient littéralement les pages de ce roman. Pour cela, et pour tant d’autres choses, il est inoubliable.

Les derniers jours de Rabbit Hayes est un roman incroyablement fort, dans lequel il est impossible de ne pas se retrouver tant les thèmes qui le traverse sont universels. Pendant plus de 400 pages, la famille Hayes va devenir votre famille et vous allez l’adorer autant qu’il est possible. N’ayez pas peur d’être secoué(e) après une lecture pareille… Après tout, n’est-ce pas (aussi) à cela que sert la littérature ? Anna McPartlin nous fait partager avec émotion et subtilité une histoire qui résonnera longuement en vous sur l’importance du partage, de la famille, de la vie et de l’amour. Par pitié, lisez-le.

PS : N’oubliez pas de garder des mouchoirs à portée de main.

Les derniers jours de Rabbit Hayes
AuteurAnna McPartlin
EditeurCherche Midi
FormatGrand Format
Date de sortie18 Février 2016
GenreRoman
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