E. Lockhart

E. Lockhart

Née en 1967, Emily Lockart est auteure de livres illustrés pour enfants ainsi que de romans pour adolescents et jeunes adultes. Diplômée de l’université de Columbia, elle y a obtenu son doctorat en littérature anglaise. Principalement connue pour sa série Ruby Oliver, elle a explosé en Europe cette année avec son nouveau roman, Nous les menteurs, paru chez Gallimard Jeunesse et disponible en librairie depuis le début du mois de mai 2015. Plutôt habituée des comédies, elle signe ici son premier ouvrage dramatique et probablement le plus ambitieux. Louée par l’ensemble de la critique, E. Lockhart est également distinguée par ses pairs, notamment le célébrissime John Green (lui aussi auteur de romans pour adolescents) qui a dit de Nous les menteurs qu’il était « un roman choc foudroyant de beauté et d’intelligence. Nous les menteurs est inoubliable » . Rien que ça. Mais que peut bien donc receler comme trésor ce petit nouveau venu d’outre-Atlantique ? Avant tout, et c’est probablement ce dont vous entendrez parler en premier à propos de ce titre, une fin choc qui reste dans toutes les mémoires. Une ambiance lourde, mystérieuse et dérangeante. Une famille richissime qui cache de terribles secrets. Attention, âmes sensibles d’abstenir…

« Bienvenue dans la splendide famille Sinclair. 
Chez nous, il n’y a pas de criminels.
Pas de drogués.
Pas de ratés.
Les Sinclair sont sportifs, beaux, sveltes. Nous sommes une vieille fortune. Nous sourires sont étincelants, nos mentons carrés, nos services de fond de court agressifs. 
Qu’importe si les divorces nous lacèrent le cœur au point que notre pouls se débat. Qu’importe si les comptes fiduciaires se réduisent comme peau de chagrins ; si les relevés de cartes de crédits impayés trainent sur la table de la cuisine. Qu’importe si les flacons de cachets s’amassent sur la table de nuit.
Qu’importe si l’un d’entre nous est terriblement, désespérément amoureux.
Amoureux au point que des mesures tout aussi désespérées s’imposent.
Nous sommes les Sinclair.
Chez nous, personne n’est dépendant.
Personne n’a tort.
Nous vivons, du moins l’été, sur une ile privée au large du Massachusetts.
C’est peut-etre tout ce que vous avez besoin de savoir.

Nous les menteurs

Nous les menteurs

Cadence est une jeune adolescente américaine pas tout-à-fait comme les autres. Elle fait partie de la très riche et distinguée famille Sinclair. Depuis sa plus tendre enfance, elle passe tous ses étés sur une île privée au large de Cape Cod, sur la côte Est américaine. Elle y retrouve là-bas ses grands-parents, les sœurs de sa mère et surtout ses deux cousins, Johnny et Mirren, et Gat, un ami de Johnny. Inséparables, ils forment tous les quatre le groupe des Liars (« menteurs » en version française, donc). Aucun grain de sable ne vient enrayer cette machine quasi-parfaite dans une famille où tout semble sous contrôle. Les jeunes héritiers passent leurs journées à se chamailler et à refaire le monde. Rien d’extraordinaire lorsque l’on a 15 ans. Cadence s’éprend rapidement de Gat et connait ainsi ses premières amours, qui seront pourtant bien vite balayées par un incident dramatique, dont on ne connaîtra le dénouement que dans les toutes dernières pages du livre. Le fameux été de ses 15 ans, Cadence est retrouvée seule, près de la plage, à moitié habillée et transie par le froid. Un fort choc à la tête est à l’origine de sa totale perte de mémoire concernant les événement survenus les semaines précédentes. Elle ne se souvient de rien et souffre également de violentes migraines qui l’isolent du monde et aggravent son malaise, né lors de la séparation de ses parents quelques années auparavant.

Après un grand voyage en Europe avec son père l’été de ses 16 ans, Cadence est de retour sur l’île la saison suivante. L’ambiance y est changée, pesante… mais elle a hâte de pouvoir enfin retrouver ses inséparables Liars. Petit à petit, en enquêtant à sa manière, elle va retrouver des bribes de souvenirs et des flash-backs de l’été de ses 15 ans vont lui revenir en mémoire… pour lui permettre d’accéder enfin à la vérité.

Nous les menteurs est un livre à la fois bouleversant, sans concessions et dérangeant. Le style d’E. Lockhart est brut, torturé, hâché et destructurant. S’il peut paraître un peu déroutant dans un premier temps, il participe complètement à faire entrer le lecteur dans la tête et l’univers si particulier de Cadence. Ne comptez pas sur moi pour vous révéler la fin mais le fameux plot-twist que l’on découvre dans les toutes dernières pages voire les dernières lignes est glaçant. Pour l’héroine principale, la vérité s’avère être aussi foudroyante que salvatrice. Peu de demi-mesures concernant les avis des lecteurs et des professionnels sur ce titre : on adore ou on déteste. Il faut croire que l’exception confirme la règle puisque j’ai plutôt, pour ma part, un avis mitigé sur ce livre. Voilà un roman fort sur la période charnière que constitue l’adolescence et la construction identitaire qui l’accompagne. Emily Lockhart nous livre ici également une belle réflexion sur les relations familiales, le poids des traditions mais aussi sur la force de l’amour et de l’amitié. Et bien sûr, il y a la fin. Cette fin. Dommage donc, qu’il m’ait fallu si longtemps pour rentrer dans le récit et dans les personnages, attachants mais parfois un peu mièvres. Nous les menteurs reste cependant un livre efficace, moderne et terriblement dérangeant. Ne passez pas à côté pour vous faire votre propre opinion, comme vous y invite la quatrième de couverture du roman : « Lisez-le. Et si on vous demande comment ça se termine, mentez. »

Nous les menteurs 
Nous les menteurs
AuteurE.Lockart
EditeurGallimard Jeunesse
FormatGrand format
Date de sortie04 Mai 2015
GenreRoman
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Nous les menteurs (E. Lockhart)
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