Après une activité professionnelle plutôt soutenue pendant le mois de décembre et, vous vous en doutez, moult agapes (plus agréables et festives les unes que les autres), me voilà de retour parmi vous.

L’année 2015 a tiré sa révérence, voilà 2016 qui pointe le bout de son nez avec probablement pour tous son cortège de bonnes résolutions et autres promesses que l’on a pas véritablement l’intention de tenir (ou alors, juste deux semaines… soyons lucides). La seule que je me (vous) propose de tenir cette année ? Du contenu, du contenu et toujours du contenu !

Entre deux bains de foule, quelques coupes de champagne et deux parts de bûches (oui, deux), j’ai trouvé le temps de découvrir plusieurs romans. Certains m’ont passionnée (qu’on se le dise, Philippe Jaenada est mon nouveau maître et sa Petite Femelle est une incroyable réussite… mais j’aurai l’occasion de vous reparler de tout cela dans un prochain article, patience), d’autres m’ont émue. Certains encore m’ont laissé sur ma faim (d’où les deux parts de bûche, si vous suivez bien hein). C’est le cas du roman de T.J Middleton, Oh my dear, un roman policier déjanté à l’humour loufoque mais qui tourne malheureusement rapidement court…

T. J MiddletonRomancier d’origine germano-britannique, Tim Binding a écrit Oh my dear, son premier roman, paru en poche aux éditions Pocket, sous le pseudonyme de T.J Middleton. Ancien directeur éditorial de la prestigieuse maison Penguin Books à Londres, il a également travaillé pour la non moins célèbre Simon and Schuster. Il vit actuellement dans le Kent avec son épouse et leur fille.

Al Greenwood, la cinquantaine, vit avec son épouse Audrey dans un charmant petit village côtier anglais. Sa fille partie filer le parfait amour en Australie, le voilà désormais seul en tête-à-tête avec sa femme, avec laquelle il entretient des relations pour le moins tendues. Impossible donc pour Al de se résigner à passer le restant de ses jours avec elle. Autant se passer la corde au cou tout de suite. A moins d’avoir une meilleure idée… Audrey aime faire de longues marches et contempler la mer du bord de la falaise.

Le problème, bien sûr, c’est que la pousser d’une falaise, c’était le scénario parfait. Ça sentait bien l’accident, un truc pareil. Ça arrive tout le temps, que des gens tombent d’une falaise – mais deux de suite au même endroit, avec les mêmes frusques sur le dos? Faut pas pousser, c’est le cas de le dire. Qu’est -ce que je pouvais faire d’autre? La noyer dans le bassin des carpes? Électrifier ses clubs de golf ?  Un jour pluvieux et de grand vent, elle enfile son ciré jaune et part en promenade. Al la suit et, au moment propice, la pousse dans le vide. Voilà une bonne chose de faite ! Il est désormais un homme libre et n’a qu’une hâte : rentrer chez lui afin de célèbrer sa petite victoire et de savourer ses premières minutes de tranquilité. Qu’elle n’est alors pas sa surprise lorsqu’ il découvre son épouse, tranquillement allongée sur le canapé du salon, sirotant un thé bien chaud. Le sang de Al ne fait qu’un tour… Mais qui donc a t-il alors poussé du haut de la falaise ?

Oh my dearLe début de Oh my dear promettait un véritable feu d’artifice. A la fin du livre, c’est tout juste si le lecteur s’en sort avec un pétard mouillé… L’humour jubilatoire qui vous occasionne de nombreux fous rires au début du récit perd petit à petit sa légereté pour devenir gras et parfois gratuitement vulgaire (adieu donc, la finesse de l humour so british) et il est, de plus, peu épaulé par une intrigue consistante qui tiendrait la route. Les quelques bons mots au départ en font un objet à la fois original et désopilant mais tout cela s’essoufle bien vite. L’intrigue, d’abord palpitante, manque progressivement cruellement de rythme. En tant que lecteur, on doit attendre beaucoup de temps et de pages avant de s’immerger dans l’histoire, ce qui n’est jamais véritablement arrivé pour moi. Les procédés de narration et certains coups de théâtre, trop attendus, en deviennent répétitifs. Le roman tourne en rond et on finit par se désintéresser des personnages, pourtant tous hauts en couleurs. Al est un mari abject, vulgaire et odieux et pourtant… impossible pour le lecteur, au début du moins, de le détester totalement. Mais lorsque l’intrigue s’embourbe, il ne reste plus grand-chose pour sauver ce roman (ou le lecteur) de l’ennui qui le gagne…

Une petite lueur d’espoir dans cette avalanche de critiques ? La qualité de la traduction, parfaitement réalisée par Héloïse Esquie. T.J Middleton arrive également plutôt bien à donner vie à cette petite bourgade anglaise et à ces habitants décalés et certains dialogues sont véritablement savoureux. Cela nous fait d’autant plus regretter la lenteur de l’intrigue…

Un début des plus prometteurs laissait présager un livre de haute volée. Quel dommage, Oh my dear n’a décidément pas été à la hauteur de mes espérances. Pour vous faire une idée du livre, lisez le premier chapitre, c’est vraiment ce qu’il y a de mieux dans tout le roman. Ensuite, imaginez votre propre version de l’histoire… Ainsi, vous ne serez pas déçus !

Oh, my dear !
Oh my dear
AuteurT.J Middleton
EditeurPocket
FormatPoche
Date de sortie02  Septembre 2015
GenreRoman
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Oh my dear (T. J Middleton)
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