Cette année, désolée mes lapins, mais je suis un peu trop occupée à jouer les petits lutins du Père Noël de jour pour vous concocter une sélection de livres longue comme le bras à  mettre sous le sapin… Mais, il n’empêche, je ne vous laisse pas tomber, j’ai tout de même plus d’un tour dans ma besace. Si vous avez envie de gâter vos proches (mais seulement s’ils ont été gentils hein) avec des livres, j’espère que vous trouverez votre bonheur ici parmi cette sélection de coups de cœur de l’année écoulée mais aussi quelques coups de cœur en exclusivité (visez un peu comme j’essaye de vous amadouer). Tradition oblige, j’ai répertorié dans cette sélection des romans en version poche et en grand format, histoire de pouvoir satisfaire à peu près toutes les bourses (parce que oui, en janvier, il faut quand même garder des sous pour manger/se chauffer/payer les factures). Mais je ne vais pas vous mentir, le grand format, c’est la vie. Allez, zou (oui, je sais, plus personne n’utilise cette expression en 2017), trêve de blablas (celle-ci non plus d’ailleurs), j’enfile ma tenue de Mère Noël et vous livre la sélection Littérature Noël 2017 made in Attractive Area. Et comme je risque de croûler sous le boulot dans les prochaines semaines (bosser dans le commerce à cette période, ça n’a pas de prix), j’en profite d’avance pour vous souhaiter de merveilleuses fêtes de fin d’année, entourés de tous ceux que vous aimez !

  • Romans historiques

La nuit des béguines (A. Kiner)

La nuit des béguines (A. Kiner)

Je n’ai pas eu le temps de vous le présenter ici mais l’un de mes gros coups de cœur de la rentrée en matière de romans historiques est une petite merveille littéraire qui a déjà fait assez parler d’elle sur la toile ou ailleurs, il me semble : il s’agit du roman d’Aline Kiner, La nuit des béguines, paru aux éditions Liana Levi le 24 août 2017. Un vrai bonheur de lecture qui va vous plonger au cœur de la vie d’un béguinage dans le Paris à la fois foisonnant et mystérieux du Moyen-âge. En 1310 subsiste encore un béguinage dans le quartier du Marais. Cette communauté religieuse, uniquement composée de femmes et fondée sur l’entraide, permet à ces dernières de jouir (mais pour combien de temps encore ?) d’une grande liberté, impensable pour toute autre femme à cette époque. Nous allons ainsi suivre les parcours d’Ade, de Maheut et de la vieille Ysabel et rencontrer des figures célèbres de cette époque comme le roi Philippe IV le Bel et Marguerite Porete. Mais la menace qui pèse sur cette communauté, dont le mode de vie intrigue et n’est pas du goût des hommes, ne va faire que grandir en intensité à l’arrivée d’une jeune fille au sein du béguinage… Ce livre est un vrai bijou, croyez-moi ! Servi par une écriture fine et ciselée, il fait revivre ces femmes et leur univers avec une intensité rare. Les personnages, passionnants, nous emportent avec eux dès les premières pages. Mais la romancière vous offre également une balade olfactive et sensuelle à travers le Paris de cette époque. Une vraie réussite !

Autre époque, autre coup de cœur : L’Insoumise de Yann Kerlau, paru aux éditions Albin Michel le 4 octobre dernier. Dans ce roman à plusieurs voix, l’auteur s’est intéressé au personnage de Jeanne la Folle, fille d’Isabelle de Castille et Ferdinand d’Aragon et mère de Charles Quint, qui fut emprisonnée et réduite à néant par son père puis par son fils afin de l’écarter du pouvoir. Considérée comme folle alors qu’elle ne l’était pas, Jeanne va vivre une vie remplie de chagrins et de privations. Pourtant, Yann Kerlau en fait un personnage féminin solaire et très touchant. A travers l’histoire de Jeanne, c’est aussi tout un pan de l’Espagne au XVe et au XVIe siècle qui est dévoilé petit à petit au lecteur. Les voix de Jeanne, Ferdinand et Charles se succèdent les unes après les autres au fil des pages, tissant morceau par morceau l’histoire de cette femme que l’on a voulu faire taire.

  • Romans Français

Je vous en avais déjà parlé il y a quelques semaines mais le dernier roman de Nicolas d’Estienne d’Orves, La Gloire des Maudits (éditions Albin Michel), paru pour la rentrée littéraire a immédiatement fait partie de mes chouchous de la rentrée. Au sortir de la guerre, dans le Paris des années 1950, le romancier nous livre une réflexion passionnante sur la manipulation et le mensonge. Vous pouvez retrouver ma chronique de ce livre ici. D’ailleurs, je ne peux également vous recommander chaudement la lecture du roman précédent du même auteur, Les fidélités successives (disponible aux éditions Livre de Poche) qui s’attachait à décrire la France trouble pendant la Seconde Guerre Mondiale à travers la figure du jeune Guillaume Berkeley, franco-anglais, à la fois collaborateur et résistant. Je l’ai dévoré tout autant que le dernier en date !

Sébastien Spitzer

Ces rêves qu’on piétine (S. Spitzer)

J’ai également découvert à l’occasion de cette rentrée le premier roman du journaliste Sébastien Spitzer, Ces rêves qu’on piétine (paru aux éditions de l’Observatoire). L’auteur fait s’entrelacer plusieurs récits autour de la Seconde Guerre Mondiale. Ava, trois ans, rescapée du KZ-Bordell d’Auschwitz, porte sur elle les lettres déchirantes d’un père à sa fille. Ce père, Richard Friedländer, juif déporté dans les camps de la mort, n’a jamais cessé d’écrire à sa fille, qui l’ignore. Le nom de cette femme : Magda Goebbels. Plongée dans la folie nazie sans retour possible, il ne lui reste alors plus que quelques jours à vivre… Ces rêves qu’on piétine est un roman âpre, bouleversant, rempli à la fois d’horreur et d’espoir. Il nous fait assister à la fin d’un monde. Au milieu des ténèbres émerge la figure d’une toute petite fille qui serre contre elle une pochette remplie de lettres. Ces lettres sont la mémoire du monde.

Autre idée à mettre sous le sapin si vous aimez la belle littérature, la Légende du dormeur éveillé de Gaëlle Nohant. Biographie romancée du poète et écrivain Robert Desnos, ce roman nous entraîne à travers le Paris artistique flamboyant des années 1920, la montée progressive du nazisme et la Seconde Guerre Mondiale. La magnifique plume de Gaëlle Nohant rend justice et merveilleusement hommage au personnage de Robert Desnos et à la femme de sa vie, Youki. N’hésitez pas à consulter ma chronique, rédigée au moment de la sortie du livre.

  • Littérature étrangère

Je l’avais découvert en version originale au début de l’année 2017, il est depuis sorti en France fin septembre aux éditions Fleuve, c’est quasiment LE livre qui m’a le plus marqué ces derniers mois et son héroïne est inoubliable… Eleanor Oliphant va très bien de Gail Honeyman est un vrai petit bijou de tendresse, de drôlerie et de finesse. Eleanor, trentenaire solitaire au cœur cabossé par certaines épreuves, va devoir apprendre à s’ouvrir aux autres et à faire confiance à la vie… Aussi attachante que désopilante, cette héroïne pas comme les autres ne s’oublie pas les dernières pages du livre refermées. Un très beau roman, surprenant et qui sonne juste.

Underground Railroad

Underground Railroad de Colson Whitehead

Si l’un de vos proches est un grand fan de littérature américaine, alors je vous conseille l’excellent Underground Railroad de Colson Whitehead. Véritable sensation outre-Atlantique (l’auteur a reçu à la fois le Pulitzer et le National Book Award pour ce roman, coup double inédit depuis William Faulkner en 1964), ce roman connaît également depuis sa sortie française un très bel engouement… largement mérité. Cora, 16 ans, est une jeune esclave née sur une plantation de coton en Géorgie dans la deuxième moitié du XIXe siècle. A elle, comme à ses semblables, rien n’est épargné en termes de traitements inhumains et de châtiments brutaux. Son quotidien est jalonné par la violence à l’état pur. Elle ne possède en propre rien qu’un minuscule lopin de terre hérité de sa mère (parvenue à s’enfuir quelques années auparavant), qu’elle chérit. Grâce à Cesar, un autre jeune esclave de la plantation, la jeune fille décide de s’enfuir à son tour. Commence alors une inépusable course contre la montre, d’autant que les deux jeunes gens se retrouvent très rapidement pourchassés par Ridgeway, un impitoyable chasseur de primes… Colson Whitehead signe ici un vériable roman coup-de-poing. Son écriture, sans fioritures, plonge le lecteur au cœur du système esclavagiste dans toute son horreur. A l’aide d’un sens du rythme prodigieux, le romancier vous donne littéralement l’impression de fuir le danger aux côtés de Cora. A ne pas manquer !

Le Gardien des choses perdues

Le Gardien des choses perdues (R. Hogan)

Enfin, si vous avez plutôt envie de cocooner vos proches avec une lecture un peu « doudou », alors je vous recommande plutôt de vous tourner vers le premier roman de Ruth Hogan, Le gardien des choses perdues, sorti chez Actes Sud au début du mois de février 2017. Anthony Peardew est un vieil homme veuf qui ne supporte pas de ne pas avoir plus finaliser une promesse à sa femme décédée. Il a passé une bonne partie de son existence à collecter des objets perdus et trouvés au gré de ses périgrinations. Agé, il décide de léguer sa belle maison (et ses objets bien sûr) à Laura, une jeune trentenaire employée chez lui, avec une mission : retrouver les propriétaires des fameux objets… Le gardien des choses perdues est une vraie petite friandise so british qui se déguste avec un plaid sur les genoux et une bonne tasse de thé dans la main. Difficile de ne pas faire durer le plaisir tant les personnages sont attachants et l’histoire bien ficelée. Un feel good book sans clichés ni mièvrerie.

 

 

Et bien voilà, j’espère que cette petite sélection vous a plu et surtout, qu’elle vous a donné des petites idées pour gâter vos proches. Joyeux Noël à tous et à toutes !

Sélection Littérature Noël 2017
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