Bon… cette fois-ci, promis, je vais arrêter de vous prendre pour des jambons et vous faire le coup de la fille qui a été débordée mais qui revient pour de bon (même si c’est vrai mais passons). Pour ma défense, déménagement oblige, mes petits précieux se sont retrouvés enfermés un moment dans les cartons. Et, mine de rien, on connaît tous ça, un déménagement, c’est sportif (et accaparant). Mais ceci est (presque) de l’histoire ancienne. Mes livres ont désormais divinement la place de s’étaler sur plusieurs bibliothèques Billy (d’ailleurs, puisqu’on aborde le sujet, je trouve que les drogués de la lecture devraient avoir des réductions sur ce produit phare du catalogue Ikea), les gros peuvent s’étaler sans écraser les plus petits… Bref, la belle vie !

Autant vous dire que je n’ai pas vu filer ces dernières semaines… Entre deux cartons et l’aménagement (plutôt rock’n’roll) de mon nouveau nid douillet, je me suis plongée avec délice (et, bon Dieu de bois, qu’est-ce que ça m’a fait du bien!) dans la fameuse série de Christelle Dabos, qu’on ne présente plus tellement elles est devenue un phénomène, La Passe-Miroir (éditions Gallimard Jeunesse). Comme vous devez l’avoir remarqué depuis un moment maintenant, je ne suis pas réellement fan de littérature jeunesse (enfin, c’est surtout que, bossant dans un rayon de littérature adulte, j’ai rarement le temps de lire autre chose) et je n’aime pas vraiment (Tolkien mis à part, parce que Tolkien, c’est la vie) la fantasy… Alors, allez donc savoir pourquoi je me suis prise de passion pour les aventures d’Ophélie la « Liseuse ». De très nombreux lecteurs vont en parleront probablement beaucoup mieux que moi, je ne m’attarderai donc pas dessus mais, en un mot, c’est FABULEUX. Jetez-vous dessus, si ce n’est déjà fait. Côté boulot, je ne me suis pas tournée les pouces non plus puisque j’ai enchaîné les présentations éditeurs pour la rentrée littéraire à venir (qui s’annonce plutôt prometteuse) et je croule déjà sous les services de presse. Mais septembre est encore loin (ouf), juillet va bientôt pointer le bout de son nez (enduit de crème solaire) alors je me suis dit que ce serait chouette de vous proposer une jolie lecture, à la fois pétillante et dramatique et qui vous permettra, qui plus est, d’améliorer votre anglais. Pour ceux qui n’auraient pas le niveau, ne vous désolez pas les amis, le roman que je m’apprête à vous présenter, The Chilbury Ladies’ Choir, écrit par Jennifer Ryan, paraîtra aux éditions Albin Michel dans le courant du mois d’octobre sous le titre La chorale des dames de Chilbury.

Jennifer Ryan

La romancière Jennifer Ryan

The Chilbury Ladies’ Choir est le premier roman de la Britannique Jennifer Ryan. Sorti dans les pays anglo-saxons en février 2017 chez The Borough Press, il s’inspire de l’histoire personnelle de la grand-mère de la romancière pendant la Seconde Guerre Mondiale. Née dans le Kent, Jennifer Ryan, avant de se consacrer à l’écriture, était éditrice d’ouvrages de non-fiction. Elle vit aujourd’hui à Washington, aux Etats-Unis avec son mari et ses deux enfants. Pour plus d’informations, vous pouvez visiter le site www.jenniferryanbooks.com.

L’action se situe à Chilbury, un charmant petit village bucolique (fictif) du Kent, en 1940. La Seconde Guerre Mondiale a débuté quelques mois plus tôt avec l’invasion de la Pologne par les Nazis. Après les pays nordiques, c’est bientôt la Belgique puis la France qui vont se retrouver paralysées par cette avancée fulgurante. L’Angleterre attend, inquiète et fièvreuse. C’est dans ces circonstances bien particulières que le lecteur va faire la connaissance des ladies de Chilbury. Nombreux sont les maris, les pères et les fils partis prendre part au conflit. Se retrouvent alors dans le village une jeune adolescente, une veuve déboussolée par le départ de son fils, une réfugiée juive, une sage-femme plutôt louche, une matrone un brin autoritaire, une maîtresse d’école enthousiaste et la plus belle fille des environs. Tout ce petit monde, qui a déjà vu bon nombre de ses repères chamboulés, va se retrouver tout-à-fait perdu lorsque le pasteur annonce la fermeture de la chorale du village, faute d’hommes. Qu’à cela ne tienne ! Revigorées par l’arrivée de Primrose Trente, une professeure de chant, elles décident de transgresser l’interdit et de résister par la musique…

The Chilbury Ladies' Choir

The Chilbury Ladies’ Choir, premier roman de J. Ryan

Ces petites dames de Chilbury ont véritablement un je-ne-sais-quoi qui les rend tout-à-fait uniques et fabuleuses. Vous avez aimé La dernière conquête du Major Pettigrew et L’été avant la guerre d’Helen Simonson ? Le premier roman de Jennifer Ryan devrait, en toute logique, ravir vos petites mirettes de lecteur/trice. Quel plaisir de découvrir cette galerie de personnages hauts en couleurs et (souvent) attachants. La grande force de ce roman est de mettre en lumière des invidus ordinaires qui vont se révéler dans des situations extraordinaires (au sens premier du terme). Ne vous fiez pas aux apparences, chacun d’entre eux se dévoile au fur et à mesure des pages.

Jennifer Ryan décrit également avec justesse un monde en plein bouleversement où la place de chacun, hommes comme femmes, est à redéfinir. Ici, c’est par le chant, avec une chorale de village, que les femmes vont petit à petit s’émanciper et devenir actrices de leur propre vie. A chaque personnage de trouver sa voix (voie?) dans un chemin semé d’embûches. Le récit est construit comme un roman choral, où chaque protagoniste prend tout à tour la parole sous la forme de lettres à des proches ou d’extraits de journaux intimes. On se retrouve donc aux premières loges lors des mésaventures de nos héroïnes so british. The Chilbury Ladies’ Choir mêle, avec un charme désuet tout-à-fait délicieux et une intrigue poignante, intrigue, romance et Histoire avec un grand H.

Voilà un joli roman plein de promesses qui devrait illuminer votre été si vous parvenez à le lire en version originale. Dans le cas contraire, sautez dessus lors de sa prochaine parution en France le 16 octobre 2017, il peut aussi être le cadeau idéal pour les fêtes de fin d’année. A la fois délicieux, léger, sensible et intensément dramatique, il fait partie de ces livres dont vous lisez minutieusement chaque page pour retarder le moment fatidique. C’est le cœur un peu lourd que l’on quitte le village de Chilbury et ses habitants, tant le roman est attachant. Une seule remarque à adresser à l’auteure : une suite, une suite !

The Chilbury Ladies’ Choir
AuteurJennifer Ryan
EditeurThe Borough Press
FormatGrand Format
Date de sortie23 février 2017
GenreRoman
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The Chilbury Ladies’ Choir (J. Ryan)
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