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La bave est un symptôme courant de la maladie de Parkinson. Une séance d’entraînement pour les muscles de la déglutition pourrait-elle aider ?

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Imaginez ne pas vouloir quitter votre maison de peur de baver. C’est le choix auquel de nombreuses personnes atteintes de la maladie de Parkinson sont confrontées chaque jour.

La maladie de Parkinson est la deuxième maladie neurodégénérative la plus courante en Australie après la démence. On estime qu’environ 70 000 Australiens en vivent et l’un des symptômes les plus vexants est la bave. Les personnes atteintes de la maladie de Parkinson ne produisent pas plus de salive. Au contraire, ils n’avalent pas leur salive aussi souvent ou aussi bien.

Ce symptôme débilitant touche jusqu’à 74 % des personnes atteintes de la maladie de Parkinson. Par conséquent, beaucoup évitent les situations sociales et deviennent socialement isolés.

Mon équipe de ParkC, Curtin University et Royal Perth Bentley Group, a récemment testé un traitement comportemental appelé « entraînement de la force musculaire expiratoire » pour voir s’il pouvait aider les personnes atteintes de la maladie de Parkinson qui bave.

Notre petite étude, publiée dans la revue Dysphagia, a montré des résultats prometteurs.

Qu’est-ce que la musculation des muscles expiratoires ?

L’entraînement de la force musculaire expiratoire a d’abord été développé pour les élèves du groupe de musique du secondaire afin d’augmenter la force d’expiration.

Cela implique que des personnes soufflent dans un appareil contre résistance. C’est un peu comme souffler dans une grande paille mais au lieu que le souffle passe librement à travers la paille, l’air rencontre une résistance. Vous constatez que vous devez souffler plus fort, ce qui aide à renforcer les muscles cibles.

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Tout comme un entraînement de gym, les gens répètent cette action plusieurs fois et font cet entraînement cinq fois par semaine.

La bave est un symptôme courant de la maladie de Parkinson. Une séance d'entraînement pour les muscles de la déglutition pourrait-elle aider ?

Depuis son développement, certaines études menées par d’autres chercheurs ont montré que cet entraînement augmente non seulement la force d’expiration, mais améliore également la force de la toux et la déglutition. Les problèmes de toux et de déglutition sont des difficultés souvent éprouvées par les personnes atteintes de la maladie de Parkinson.

Nous étions intéressés de savoir si cette formation entraînait également des améliorations de la bave.

Ce que nous avons fait

Notre étude a porté sur 16 personnes atteintes de la maladie de Parkinson qui avaient des difficultés auto-déclarées à baver.

Tout d’abord, nous voulions nous assurer que les mesures de leur capacité de déglutition, de la force de la toux, de la force des lèvres et de la gravité de la bave autodéclarée restaient stables en l’espace d’une à deux semaines.

S’ils le faisaient, nous pourrions être plus sûrs que toute amélioration observée après la thérapie serait en fait due à la thérapie et pas seulement à l’instabilité de ces mesures.

En règle générale, les participants à notre étude ont effectué 30 séances d’entraînement de la force musculaire expiratoire sur une période de six semaines.

La formation consistait en deux séances avec un orthophoniste et trois séances à domicile seul.

Après l’entraînement, nous avons de nouveau mesuré leur capacité de déglutition, leur toux, leurs lèvres et leur bave. Nous avons constaté que la capacité de déglutition, la force de la toux et la bave se sont toutes considérablement améliorées.

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La prochaine étape : une étude plus vaste

Notre étude était petite et des recherches supplémentaires sont clairement nécessaires. Mais nos résultats préliminaires prometteurs suggèrent que ce traitement pourrait être une option plus souhaitable que l’approche standard pour réduire la bave chez les personnes atteintes de la maladie de Parkinson (injections de botox, qui réduisent la production de salive mais peuvent laisser les personnes avec une bouche sèche et des difficultés à avaler).

L’un des avantages potentiels de ce traitement est que ce traitement unique pourrait traiter trois difficultés courantes dans la maladie de Parkinson – la bave, la déglutition et la force de la toux – en même temps.

Des difficultés à avaler et une faible toux peuvent augmenter le risque de développer une pneumonie ou de s’étouffer. Ainsi, non seulement ce traitement pourrait potentiellement réduire la bave, mais également réduire le risque de maladie grave et d’hospitalisation.

Nous recherchons maintenant des financements afin d’explorer l’efficacité de ce traitement auprès d’un plus grand nombre de participants dans un essai contrôlé randomisé. Nous espérons que nos recherches aideront les personnes atteintes de la maladie de Parkinson à se sentir plus à l’aise de quitter leur domicile et, ce faisant, à améliorer leur qualité de vie.


Cet article est republié de The Conversation sous une licence Creative Commons. Lire l’article d’origine.La conversation

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