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Les chercheurs identifient la signature de cytokine qui permet aux patients COVID-19 avec le pire pronostic d’être repérés tôt

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Une nouvelle recherche présentée cette année au Congrès européen de microbiologie clinique et des maladies infectieuses (ECCMID) à Lisbonne, Portugal (23-26 avril) a identifié un panel de cytokines qui peuvent aider à prédire quels patients COVID-19 sont à risque de maladie grave et la mort.

Une réaction excessive du système immunitaire, dans laquelle des niveaux excessifs de protéines appelées cytokines produisent des niveaux d’inflammation dommageables, peut entraîner une défaillance des organes et la mort chez les patients COVID-19.

On ne sait pas, cependant, quelles cytokines pilotent le processus. Pouvoir mesurer les niveaux de ces cytokines lors de l’admission des patients à l’hôpital permettrait d’identifier ceux dont le pronostic est le plus défavorable et de personnaliser leur traitement.

Le Dr Emanuela Sozio, de la Clinique des maladies infectieuses, Azienda Sanitaria Universitaria Friuli Centrale, Udine, Italie, et ses collègues du Département de médecine de laboratoire, ont mené une étude rétrospective sur 415 patients (65,5 % d’hommes) hospitalisés avec COVID-19 entre mai 2020 et mars 2021. La cohorte comprenait des patients atteints d’une maladie de tous les niveaux de gravité.

Les patients, qui avaient un âge moyen de 70 ans, ont été classés comme ayant une maladie légère/modérée ou une maladie grave/critique, selon la définition de l’Organisation mondiale de la santé.

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15,7 % des patients sont décédés à l’hôpital et 23,6 % ont eu une évolution négative (intubation orotrachéale et/ou décès).

Les taux sériques d’un large panel de cytokines ont été mesurés à l’admission et comparés aux résultats, en combinaison avec d’autres biomarqueurs tels que la protéine C-réactive (CRP) et la pro-adrénomédulline régionale moyenne (MR-proADM).

Les chercheurs ont pu construire un arbre de décision (un type d’organigramme) qui leur a permis de prédire les personnes à risque d’un résultat négatif, en fonction des niveaux de cytokines et d’autres biomarqueurs dans leur sang.

Cela a d’abord divisé les patients en deux groupes, en fonction de leurs niveaux d’IL-6, avant d’utiliser leurs niveaux d’IL-10, MR-proADM, sIL2Ra, IP10 et CRP pour déterminer s’ils risquaient un résultat négatif.

L’analyse a également révélé que des niveaux élevés d’IP-10 à l’admission peuvent signaler une réponse immunitaire excessive pouvant conduire le patient à développer une fibrose pulmonaire et à nécessiter une intubation.

Une autre découverte a été que des niveaux élevés d’IL-6, une cytokine pro-inflammatoire, peuvent être accompagnés de niveaux élevés de sIL2Ra et d’IL-10, qui ont un rôle anti-inflammatoire. Ceci est important, car dans de tels cas, les médicaments immunosuppresseurs normalement utilisés pour traiter le COVID sévère pourraient faire plus de mal que de bien.

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Le Dr Sozio conclut : « Il n’est pas toujours possible de déterminer quels patients COVID-19 ont le pire pronostic, surtout au début. Il devient de plus en plus clair, cependant, que plus tôt nous traitons une inflammation excessive, plus nous sommes susceptibles de tourner rapidement et définitivement et ainsi éviter des lésions organiques irréversibles.

« Notre travail peut aider à sélectionner les patients dont le pronostic est plus mauvais et qui doivent être admis dans des unités à forte dépendance, ainsi qu’à personnaliser leur traitement. »

Le rôle des cytokines dans la prédiction d’un résultat négatif est également exploré dans une autre étude du Dr Sozio présentée à l’ECCMID de cette année (L0463, voir les liens ci-dessous). La recherche dans ce deuxième résumé L0463 a été réalisée en collaboration avec l’École internationale d’études avancées (SISSA), Trieste, Italie.


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