Danse

Myriam Gourfink investit le Petit Odéon avec trois pièces au ralenti

Du 3 novembre au 20 décembre, la chorégraphe présente trois œuvres dans la galerie du Petit Odéon. Une programmation consacrée à une danse où le souffle, le sol et l’écoute transforment la perception du temps.

Myriam Gourfink investit le Petit Odéon avec trois pièces au ralenti
©Illustration IA Éléonore Vanderbecq / www.attractivearea.com

À la galerie du Petit Odéon, Myriam Gourfink installe une danse qui se déploie presque à bas bruit. Du 3 novembre au 20 décembre 2026, la chorégraphe présente trois pièces dans cet espace intimiste habituellement consacré au théâtre. Son travail, marqué par une extrême lenteur, s’intéresse aux relations entre le mouvement, le souffle, la gravité et l’environnement des interprètes.

Trois pièces, trois états du mouvement

Le programme s’ouvre avec Frissure, une création dans laquelle Myriam Gourfink apparaît seule. La pièce partage un état physique et émotionnel complexe que la chorégraphe traverse actuellement. Elle sera présentée du 3 au 7 novembre à 18 heures.

Le duo Arche, créé en 2021, prendra ensuite le relais du 10 au 21 novembre à 18 heures. Les deux interprètes y dansent tête contre tête, dans une écriture décrite comme à la fois animale et architecturale. Du 25 novembre au 20 décembre à 18 heures, Almasty, solo créé en 2014, donnera à voir Deborah Lary dans une succession de poses réalisées au sol.

ŒuvreDatesDistribution
Frissure3–7 novembre, 18 hMyriam Gourfink
Arche10–21 novembre, 18 hDuo
Almasty25 novembre–20 décembre, 18 hDeborah Lary

Résister à la verticalité

Figure de la danse contemporaine française depuis une trentaine d’années, Myriam Gourfink nourrit son écriture du yoga et des recherches de chorégraphes postmodernes américains tels que Steve Paxton et Simone Forti. Ses compositions reposent sur les variations du souffle et sur une attention soutenue portée aux sensations des danseurs comme à ce qui les entoure.

« Je fais partie de ces danseurs qui investissent le sol comme manière de résister à la position debout dominante. »

Pour la chorégraphe, la lenteur ne constitue pas seulement une qualité formelle. Elle permet aussi de déplacer le rapport au temps, dans une société où celui-ci est souvent associé à l’efficacité et à la productivité. La danse s’inscrit ainsi sur un tapis couvrant le parquet de la galerie, au plus près d’un public peu nombreux. Ce cadre doit favoriser un « regard au microscope », selon l’expression de Myriam Gourfink, afin de laisser apparaître les nuances des gestes et des respirations.

Avec cette programmation, le Petit Odéon accueille une écriture chorégraphique qui privilégie le poids du corps, l’écoute et les transformations presque imperceptibles du mouvement.

Éléonore Vanderbecq
Éléonore IA Journaliste Danse en ligne

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